Grosse surprise de cette année, du côté des BD de types asiatiques : l’un des meilleurs mangas n’en est pas un !
En effet, « No Devil » est écrit et dessiné par un Français. Cela dit, tout est là pour nous le faire oublier : le dessin, la mise en page, l’action, l’humour… sauf le lieu, puisque l’histoire se passe à Paris.
« No Devil » : ça sonne comme du bon rock !
Grosse surprise de cette année, du côté des BD de types asiatiques : l’un des meilleurs mangas n’en est pas un !
En effet, « No Devil » est écrit et dessiné par un Français. Cela dit, tout est là pour nous le faire oublier : le dessin, la mise en page, l’action, l’humour… sauf le lieu, puisque l’histoire se passe à Paris.
« No Devil » narre les mésaventures de Lucie : une jeune fille déjà en retard à l’audition qui pourrait changer sa vie. Elle ne va pas pouvoir s’y rendre, ayant été bousculée sur le chemin par un chasseur de démons. Sa guitare, comme son rêve, est brisée, mais son existence va bel et bien être bouleversée : elle a malencontreusement acquis des caractéristiques démoniaques qu’elle ne contrôle pas (encore) et qui font d’elle la cible privilégiée de ce chasseur.
Avec un scénario aussi improbable que celui-ci, le lecteur ne peut s’attendre qu’à des situations rocambolesques. Il est servi : l’action est haletante, les cases sont dynamiques… Tout est fait pour le tenir en haleine. Il est vrai que certains passages sentent un peu trop le réchauffé et font parfois clichés, mais c’est voulu. L’auteur rappelle ainsi l’influence qu’a eue la bande dessinée japonaise sur son travail. Pour les lecteurs les plus attentifs, il a même glissé de nombreux clins d’œil à d’autres séries de mangas.

Senchiro, c’est le pseudonyme à consonance asiatique que s’est choisi Rodolphe Balageas : un artiste né à Colombes, en 1995. « No Devil » est sa deuxième série. Avant cela, toujours aux éditions Kana, il avait publié, en trois volumes, le récit fantastique « Sweet Konkrete ». Très bien accueillie, cette trilogie montrait d’emblée la maturité et l’expressivité débordante de ce jeune auteur. Avec « No Devil », il franchit une nouvelle étape. Ses poses, déjà dynamiques, sont encore plus réalistes. Son trait gagne en profondeur, l’encrage y est particulièrement soigné. Quant au scénario, il tient la route : si la narration bien japonaise, l’environnement parisien interpellera le lectorat francophone. Si, un jour, ce titre est publié au Japon, il ne déméritera pas à côté des autres mangas et il aura justement la chance d’offrir un petit voyage dans l’Hexagone qui ne devrait pas déplaire à ce lectorat pourtant habitué à ce que toute l’action se passe en terrain connu.
Et comme cette œuvre parle de rock, il lui fallait une bande-son pour l’accompagner. Senchiro, plutôt que de piocher dans un patrimoine musical bien fourni, a préféré partager quelques créations personnelles fort agréables et raccord avec chaque chapitre. On peut les écouter dès maintenant sur les différentes plates-formes de streaming.
Que vous soyez amateur de surnaturel ou de rock, voire des deux, il faut se plonger dans « No Devil ». L’histoire de Lucie n’est que commencée, la suite, prévue le 18 septembre 2026, s’annonce passionnante. En attendant le second tome : « Let’s rock and roll ! »
Gwenaël JACQUET
« No Devil » T1 par Senchiro
Éditions Kana (8,10 €) — EAN : 9782505141181
Parution 17 avril 2026











