L’impressionnant dessinateur serbe Gradimir Smudja s’est emparé d’un étonnant et méconnu haut fait de bravoure de l’histoire de l’art — qui s’est déroulé à Paris, juste avant le début de la Seconde Guerre mondiale —, afin de le raconter en bande dessinée dans un diptyque dont le premier tome vient de sortir et où il impose, une fois de plus, son flamboyant style graphique… mais toujours avec beaucoup d’humour et de fantaisie. Le 14 juillet 1939, Jacques Jaujard, directeur du Musée du Louvre en place, va organiser le plus grand déménagement d’œuvres artistiques au monde (4 000 merveilles, dont « La Joconde », « Le Radeau de la Méduse » ou la « Victoire de Samothrace »). Ceci pour éviter qu’elles tombent dans les griffes des nazis : incroyable, mais vrai !
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On apprend le décès de Gebe, des suites d’une longue maladie.
GÉBÉ (pseudonyme de Georges BLONDEAU)
France
9 juillet 1929 à Villeneuve-Saint-Georges
D’abord dessinateur industriel à la SNCF, Gébé publie ses premiers dessins d’humour dans La Vie du rail (1955-1956) et L’Almanach du cheminot (1958). Petit à petit, il se fait un nom dans la grande presse : Sport et vie (1959), Paris-Match (1959), Paris-Presse (1960). En 1961, il entre à Hara-Kiri dont il deviendra le rédacteur en chef de 1969 à 1985. Il y publie des romans-photos, des publicités détournées et crée Berck (1964), personnage informe et dévoreur, à la logique absurde.
À partir de février 1969, il participe aussi à Hara-Kiri Hebdo, puis à Charlie Hebdo. Il y signe des bandes toutes éditées en albums aux éditions du Square, puis Dargaud : Il est fou (1970), L’An 01 (1972), Il est trop intellectuel (1972), Qu’est-ce que je fous là ? (1975).
Parallèlement, Gébé travaille à Pilote de 1966 à 1971, où il dessine des « pages d’actualité » et des récits complets dont Une plume pour Clovis (album Square, 1979). Il collabore à Charlie Mensuel 2e série avec Le Service des cas fous (1984), au Psikopat (1985), devient rédacteur en chef de Zéro (1986), directeur de publication de Charlie-Hebdo 2e série (1992). Il est présent aussi dans L’Enragé (1968), La Gueule ouverte (1974), L’Idiot international (1989), Le Monde libertaire.
Gébé, par ailleurs, réalise des pièces radiophoniques pour Le Théâtre de l’étrange sur France-Inter (1965), participe au Feu de camp du dimanche matin sur Europe 1 (1969), écrit des chansons (Casse-tête), des romans policiers (Sept Cartouches, 1983), travaille à la télévision (Merci Bernard et Palace Hôtel), scénarise L’An 01 au cinéma avec Jacques Doillon comme réalisateur.
Grand maître de l’humour nonsensique avec des variations métaphysiques surprenantes, Gébé est un authentique révolté contre l’ordre établi, doué par ailleurs d’un graphisme simple, mais percutant. Il meurt le 5 avril 2004 des suites d’un cancer.MD







