Dans son nouveau roman graphique, Pascal Rabaté nous transporte dans le Berlin de 1931, à quelques années du désastre, mettant en scène des artistes, des danseuses, des histoires d’amour, des soirées alcoolisées, des copains qui profitent de la vie… Bref : la grande fête. Hélas, cela ne va pas durer : nous, lecteurs, nous savons comment cela va se terminer… En narrateur accompli — tant en bandes dessinées qu’au cinéma —, l’adaptateur d’« Ibicus » et auteur des « Petits Ruisseaux » ou de « La Déconfiture » (1) va justement jouer avec cette longueur d’avance, tout en utilisant un graphisme coloré où il change légèrement son trait habituel, pour installer un malaise qui ne cesse de monter à la lecture de cette « Enfance des ruines » qui n’a pas fini de vous hanter…
Lire la suite...Van Melkebeke, Hergé et Jacobs
A l’ombre de la ligne claire ou la passion de Jacques Van Melkebeke… Toute la vie de cet artiste sensible, rêveur et lunaire, qui a cru avec son ami Edgar jacobs, dans leur jeunesse commune, que la réussite allait leur sourire à tous deux, est voilée d’ombre… celle, après la guerre, de ses amis dessinateurs, dans laquelle il fut contraint de s’abriter, puis, vers le crépuscule, celle de l’amertume.
Ce peintre qui, comme Jacques Laudy, mais d’une manière moins positive, fut toujours décalé par rapport à son époque, n’a jamais pu parvenir à l’accomplissement de son art ni y trouver son épanouissement. Il n’en fut pas moins à l’origine des plus belles idées qui ont inspiré Hergé, Jacobs et d’autres quoiqu’il ai toujours refusé – contraint ou non – d’y apposer sa signature, et toujours rejeté la qualité de scénariste.
Un portrait intéressant pour une histoire triste, écrite sobrement, qui présente aussi l’intérêt de nous faire observer de l’extérieur la personnalité et le caractère de certains monstre sacrés. Un point de vue important, et un de plus, pour quelques biographies célèbres, toujours à refaire.
A l’ombre de la ligne claire, Jacques Van Melkebeke le clandestin de la BD, de Benoit Mouchard (Editions Vertige Graphic, 17 euros).







