Après deux enquêtes contemporaines d’Eva Rojas, sa psychiatre tourmentée, Jordi Lafebre a voulu s’autoriser une petite récréation : un récit plus court et plus contemplatif. Or, son éditeur souhaite justement lancer une nouvelle collection appelée Intermezzo, avec peu de pages (32) et un format moins grand (dit comics), donc moins coûteuse et plus accessible que celles proposant des romans graphiques de plus en plus chers. D’où la réalisation de ce truculent voyage en montgolfière de deux adolescents britanniques du XIXe siècle en marge de la société : une rêveuse souffrant de narcolepsie (elle s’endort à tout moment) et son ami d’enfance, éternel indécis. Une amusante aventure aussi poétique que rafraîchissante : ce qui tombe bien en cette période caniculaire !
Lire la suite...Bouncer 3 – La justice des serpents
Le justicier manchot de Jodorowski et Boucq n’est pas à la fête dans un Far West qui mérite plus que jamais son qualificatif de sauvage.
Indispensables et détestés, tels étaient les bourreaux de l’Ouest américain qui focalisaient la haine du donneur de mort tout en remplissant une mission que nul autre ne voulait assumer. Pas de chance pour le Bouncer : après le mystérieux décès du bourreau officiel de Barro-city, le sort le désigne pour remplir cette tâche ingrate. Un premier coup du sort, suivi de nombreux autres que nous ne vous dévoilerons pas mais qui s’amoncellent comme une série d’épreuves consécutives qui détruiraient plus d’un homme. Mais pas le Bouncer qui a depuis longtemps compris que pour vivre dans cette civilisation très brutale, il faut lutter. A mort …
Avec le premier volet de ce nouveau diptyque du Bouncer, Alexandro Jodorowski range son habituelle tendance scénaristique esotéro-fantastique, pour se consacrer à un récit âpre et violent, une tragédie dont la dimension spirituelle n’ en est pas moins, bien que reléguée au second plan, toujours omniprésente. Quant à François Boucq, il utilise à merveille son talent au service d’un style réaliste qu’il maîtrise désormais parfaitement. Jouant sur l’expressivité souvent austère de ses personnages, qu’il associe à un découpage cinématographique qui fait parfois penser à Sam Peckimpah (le réalisateur de La Horde sauvage), alternant regards intimistes et utilisation des décors mythiques de l’époque (le saloon, la prison) ou des grands espaces désertiques, le dessinateur nous projette totalement dans ce récit à lire d’urgence. LT







