Les mois qui ont précédé les grands bouleversements de 1936 servent de cadre à ce récit aux personnages soigneusement étudiés. Au milieu des années 1930, François, le fils de grands bourgeois vivant dans leur bulle, est confronté à une bande de jeunes adolescents : enfants d’ouvriers, dont il découvre le quotidien précaire. À partir de cette trame conventionnelle, Éric Stalner construit une histoire émouvante, flirtant avec la grande histoire. Un choc violent entre deux mondes qui s’opposent : prémices des soubresauts annonçant les années sombres de la Seconde Guerre mondiale.
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Ayant usé leurs fonds de culottes sur les mêmes bancs d’école, Pierre et Émile, dit Mimile, viennent soutenir leur troisième copain d’enfance, Antoine, à l’enterrement de sa femme Lucette… Même s’ils arrivent trop tard pour la crémation ! Le veuf éploré a d’autant plus besoin de la présence de ses vieux complices qu’il apprend, chez le notaire, que son épouse bien aimée a eu une relation extraconjugale avec son ancien patron, quarante ans plus tôt, quand ils bossaient ensemble dans une entreprise pharmaceutique (1) ! Comme ce n’est pas à soixante-dix-sept balais que l’on devient sage, le sang d’Antoine ne fait qu’un tour et il part se venger de son ancien amant, emmenant un fusil dans sa voiture… Sa petite fille Sophie et ses deux vieux amis tentent, quant à eux, de le rattraper avant qu’il ne fasse une bêtise…

De belles tronches – campées par Paul Cauuet au dessin semi-réaliste très inspiré (en tout cas, il semble encore bien plus à l’aise que sur les univers fantastiques auxquels il nous avait habitué jusque-là : « Aster » ou « L’Honneur des Tzaroms ») – et des dialogues haut en couleurs que l’on croirait sorti directement des films d’Audiard : l’hommage est explosif et truculent !
On passe, sans ambages, de la comédie sociale au road-movie, et du rire aux larmes, dans ce premier opus d’une série qui va s’appuyer, systématiquement, sur des épisodes du passé pour confronter nos trépignants septuagénaires à la vie des jeunes d’aujourd’hui.
Comme chaque album est construit autour d’une histoire principale, avec un début et une fin, on espère pouvoir retrouver bientôt tout ce beau monde légèrement déjanté, mais bien ancré dans la vie de tous les jours : les luttes syndicales et les révoltes contre l’injustice se succédant aux belles histoires d’amour.
On y trouve, évidemment, tout le talent de Wilfrid Lupano qui nous avait déjà convaincu avec des ouvrages aussi différents que « Ma révérence », « Le Singe de Hartlepool » (voir « Le Singe de Hartlepool »), « L’Homme qui n’aimait pas les armes à feu » (voir L’Homme qui n’aimait pas les armes à feu » T2), « L’Assassin qu’elle mérite » (voir « L’Assassin qu’elle mérite » T2) ou « Alim le tanneur » ; voir aussi l’interview réalisée par Laurent Turpin : Wilfrid Lupano : l’homme qui n’aimait pas les scénarios sans fond. Mais il semblerait bien, qu’avec ce récit aussi drôle qu’enlevé, ce toujours intéressant scénariste ait encore monté d’un cran dans la maîtrise de l’intrigue…
(1) L’allusion à Jacques Servier, le patron des laboratoires Servier qui vient de mourir et qui, entre autres, est à l’origine de scandale du médiator, semble transparente…
« Les Vieux Fourneaux T1 : Ceux qui restent » par Paul Cauuet et Wilfrid Lupano
Éditions Dargaud Benelux ( 11,99 €) – ISBN : 978-2-5050-1993-0














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