Lorsque les premières pages d’« Alix » ont été publiées, quasiment comme bouche-trou, dans Tintin, le jeune Jacques Martin était loin d’imaginer que son héros serait plus que jamais d’actualité en 2025. Non seulement la série classique se poursuit avec un succès mérité, mais les séries dérivées défient les modes. « Alix Senator », qui met en scène un héros quasi sexagénaire, en est le meilleur exemple.
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« Lune de miel » : un cauchemar de série B parodique !
Des vacances sans les enfants, c’est le rêve de beaucoup de parents, mais celles-ci vont tourner sinon au cauchemar, du moins à l’aventure risquée… Un couple — à la jeune quarantaine — est embarqué, presque contre son gré, dans une soirée sur un bateau, avec, à bord, des personnes peu recommandables. C’est là qu’arrive l’impensable : un mystérieux papillon — un sphinx — va semer des dégâts, mortels, parmi ces invités douteux. Le couple est amené à fuir en pleine mer et, pire, est obligé de secourir une jeune femme encore vivante sur le bateau…
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Dans « Islander », les Européens sont devenus des migrants en proie aux passeurs…
Après leur collaboration remarquée sur « Sangoma », le romancier Caryl Férey et le dessinateur Corentin Rouge retravaillent ensemble, pour notre plus grand plaisir ! Dans ce qui sera une trilogie de pas moins de 450 pages angoissantes (le tome 1 en contient déjà 150), la crise migratoire s’est amplifiée et touche désormais le continent européen victime de multiples catastrophes. D’innombrables réfugiés venus de tous pays — ayant sûrement fui les changements climatiques, les guerres ou les pandémies — s’amassent au port du Havre… Dans ce lieu de transit, ils espèrent accéder aux rares bateaux qui pourront les embarquer, via l’Écosse, en destination de l’hypothétique salut que représente l’Islande : unique contrée épargnée, mais pour combien de temps encore ?
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« Moi, Cléopâtre, dernière reine d’Égypte » : une femme avide de pouvoir dans un monde d’hommes !
Le personnage de Cléopâtre a fait fantasmer des générations d’auteurs jusqu’à en faire une légende. Tout au long de ce récit fort documenté, Isabelle Dethan offre à la célèbre souveraine l’occasion de revenir sur son passé mouvementé,dont on sait peu de choses. C’est au-delà du mythe que l’auteur tente de faire revivre Kleopâtra Philopator : la dernière reine d’Égypte.
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Rodolphe et Griffo tentent de revendre la main du diable !
Joli coup pour le « jeune » éditeur belge Nicolas Anspach qui vient d’ajouter, à son catalogue, son trentième album produit : et ce dernier est signé de deux auteurs majeurs du 9e art, garants d’une bande dessinée traditionnelle de qualité, comme nous l’aimons sur BDzoom.com ! « La Main du diable » est inspirée d’une ancienne légende allemande, reprise entre autres par le grand écrivain écossais Robert Louis Stevenson, lequel est l’un des protagonistes de ce brillant one-shot teinté d’ésotérisme où un homme, manifestement très fortuné, et admirateur de son œuvre, lui raconte comment il a vu tous ses vœux s’exaucer, après avoir acheté pour rien la main du diable. Seulement, voilà, avec Satan, rien n’est jamais gratuit !
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Avec « L’Abîme de l’oubli », Paco Roca retrouve la mémoire du passé…
Comme la plupart des Espagnols de sa génération (et des suivantes), le dessinateur Paco Roca (1) a grandi dans l’amnésie du passé récent de son pays, notamment de la répression franquiste : un sujet que l’on n’abordait jamais à l’école et dont on ne parlait guère en société, alors qu’il suscite aujourd’hui des débats passionnés. C’est de cette ignorance qu’est né son intérêt sur cette période de l’après-guerre d’Espagne : ce qui a abouti à la réalisation de ce pavé aussi sensible que rigoureux sur des années d’épouvante. Avec le scénariste et journaliste Rodrigo Terrasa, il y évoque la quête, autant personnelle que collective, d’une femme qui veut retrouver la dépouille de son père ou encore l’histoire d’un fossoyeur qui, au péril de sa vie, a permis à bien des familles de garder espoir…
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Zheng Shi : une femme pirate en mer de Chine !
Au XIXe siècle, loin de la mythique mer des Caraïbes, la piraterie s’est exportée en Extrême-Orient. Après « Black Crow » — le corsaire amérindien —, « Black Beard », puis « La Buse », Jean-Yves Delitte vogue vers l’empire du Milieu, afin d’évoquer l’histoire devenue légendaire de l’énigmatique Zheng Shi, laquelle, depuis le décès de son mari, dirigeait la puissante confédération des pirates. Mythe ou réalité ? Qu’importe ! l’histoire est belle !
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Avec Florence Cestac, vous saurez tout, tout, tout sur la vie de senior !
Depuis « Le Démon de midi », on a tous compris que Noémie, l’héroïne de Florence Cestac (1), n’est autre que le double de papier de son autrice. Or, toutes les deux amorcent, aujourd’hui, une période de l’existence que l’on associe souvent à une finitude un peu déprimante, même si, comme le disait Benoîte Groult, « La vieillesse est si longue qu’il ne faut pas commencer trop tôt. » Avec son incorrigible façon de voir la vie en rose, Noémie/Florence nous démontre, avec cet album irrésistible qu’est « Le Démon de mamie : ou la sénescence enchantée », que vieux peut rimer aussi avec joyeux, et que ce n’est pas forcément sinistre de prendre de l’âge…
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« Les Amis de Spirou » : le deuxième opus d’une œuvre originale au goût nostalgique…
Né en 1938, l’hebdomadaire belge Spirou est interdit par la censure décrétée par les occupants allemands en septembre 1943. À sa disparition, 50 000 lecteurs adhérents des ADS — Les Amis de Spirou, dont le code d’honneur a été rédigé par le Fureteur — se trouvent doublement orphelins. Six d’entre eux habitant Charleroi, le fief des éditions Dupuis, entrent en résistance, inconscients des dangers que représente cet engagement. Un récit malin touchant et nostalgique,non dénué d’humour, avec Spirou — le journal — et sans Spirou — le héros.
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Jack Gilet : le bourreau au cœur tendre de David Ratte…
Saviez-vous qu’en 1916, à Unicoi (comté de l’État du Tennessee, aux États-Unis), une éléphante prénommée Mary a été condamnée à mort et pendue à une grue pour avoir écrasé la tête du dresseur qui la battait ? Eh oui, en Amérique, à cette époque-là, on ne rigolait pas avec la loi, même en ce qui concernait les animaux à qui on accordait, suivant la croyance populaire, une conscience morale. La plupart d’entre eux devant alors être exécutés, il y aurait eu, d’après l’excellent narrateur et dessinateur David Ratte (1), des bourreaux assermentés qui devaient parcourir tout le pays pour appliquer la sentence suprême à ces bestioles assassines, à la suite de décisions issues des procédures fédérales. C’était d’ailleurs le métier du jeune Jack Gilet : un type un peu paumé qui aimait tellement les animaux qu’il ne voulait pas qu’on les abatte comme des bêtes…
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« 1629 » : Jéronimus Cornélius, un psychopathe aux tréfonds de l’horreur…
Deux ans après la publication remarquée en 2022 du premier opus de « 1629 : l’effrayante histoire des naufragés du Jakarta » (1), voici la seconde partie : laquelle devrait combler ceux qui se sont passionnés pour ce formidable thriller maritime. Un huis clos éprouvant — inspiré aux auteurs par une histoire vraie déjà adaptée en BD par Jean-Denis Pendanx et Christophe Dabitch (2) — qui renoue avec les grandes séries d’aventures exotiques…
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