Même si vous ne goûtez guère les chasseurs de monstres ou autres créatures d’heroic fantasy (ici, les ronges-côtes, gouiches et caviteux), mais que vous aimez les aventures à la fois bien narrées et illustrées, n’hésitez pas à vous plonger dans le premier tome de « Pourpre-sang » : un diptyque ébouriffant, dû à un jeune auteur très convaincant ! Mélangeant habilement les récits de pirates, les films de cape et d’épée et les arts et traditions populaires de sa Bretagne natale, Léo Chérel nous prouve, en effet, qu’il est aussi bon dessinateur que raconteur d’histoires, et nous embarque dans une délirante, mais passionnante épopée, chez un nouvel éditeur BD, dont la production s’annonce solide et alléchante : Astrolabe !
Lire la suite...Archives mensuelles : décembre 2020
Killing me softly with this book !
Romance malsaine qui nous emporte dans les tréfonds de deux êtres torturés, la série « Killing Stalking », initialement paru en Corée en tant que webtoon, débarque en France directement sous forme papier. Nous allons voir si ce thriller méritait de quitter le petit écran des portables pour s’afficher sur papier glacé.
Zoom sur les meilleures ventes de bandes dessinées du 9 décembre 2020
Dans une période toujours dominée par le « clique et collecte » (décalage temporel entre période de ventes et parution du classement oblige), le « Top 20 BD » et le « Top 20 GfK/Livres Hebdo » ne varient guère d’une semaine sur l’autre. On trouve toujours, dans le palmarès généraliste, une nuée d’ouvrages représentant le 9e art (12 en tout !) , à commencer par « Blake et Mortimer » T27 (2e, et qui s’empare de la tête du classement des meilleures ventes de bandes dessinées), « L’Arabe du futur » T5 (3e), « Un cow-boy dans le coton » (5e), « Les Vieux Fourneaux » (6e), Adèle et la galaxie des bizarres » (7e) et « Astérix : Le Menhir d’or » (9e), auxquels s’adjoignent quatre mangas : « Dragon Ball Super » T12 (10e), « L’Attaque des titans » T32 (11e), « My Hero Academia » T26 et « Ki et Hi » T6 (19e), ainsi que les deux premières entrées du « Top 20 BD » : « Murena » T11 (18e) et « Le Scorpion » T13 (20e).
« Murena T11 : Lemuria » : les fantômes et réalités du règne de Néron…
Débutée en 1997, « Murena » suit depuis onze albums son héros éponyme, le patricien Lucius Murena, durant le règne agité de Néron, de 54 à 68. Racontant avec génie le basculement de toute une société vers la violence et la folie, la série imaginée par Jean Dufaux et Philippe Delaby multiplie les complots, jeux de manipulation, actes de cruauté et rivalités assassines. Successeur graphique désigné de Delaby (décédé en janvier 2014), Théo Caneshi (dit Theo) signe avec talent sa deuxième contribution à un univers qui conjugue très habilement la fiction et la réalité : au lendemain du grand incendie de Rome, et alors que Murena a disparu, l’empereur s’interroge. Son ancien ami l’a-t-il trahi ? Or, Lucius, devenu l’homme le plus recherché de la ville, doit en priorité échapper aux griffes de celle qui l’a drogué et rendu amnésique pour en faire son objet de plaisir : une femme fatale prénommée Lemuria !
Olivier Taffin : l’atelier Bergame à nouveau endeuillé…
Bien qu’arrivé avec la génération des dessinateurs des années 1970, Olivier Taffin, le dessinateur de la série « Orn cœur de chien , est aujourd’hui injustement oublié. Après Fabien Lacaf, voici quelques mois, ce membre du mythique atelier Bergame nous a quittés le 2 décembre à Marseille.
Mission vers Mars, une machination diabolique : entretien avec Philippe Aymond et Laurent-Frédéric Bollée…
Un mystérieux criminel, qui fait éliminer des rivaux et une masse d’anonymes, semble vouloir voler et stocker des données personnelles et génétiques pour un projet encore inconnu. Bruno Brazil de l’Agence américaine de sécurité et de contre-espionnage WSIO, et ce qui reste de son commando Caïman (Gaucho Morales, Tony le tatoué et Rafale la femme restée handicapée), est chargé d’y voir plus clair et de stopper cet ennemi insaisissable. En fin de tome 1, la NASA lui apprend qu’une mission restée secrète s’est posée sur Mars (nous sommes en 1977 !). L’un des astronautes, gravement blessé, révèle des informations inquiétantes et capitales sur le problématique retour sur Terre et sur son collègue, maintenant disparu. Tous les soupçons se portent sur cet astronaute, Wordling, aux projets aussi démesurés qu’inhumains. Pourquoi, quelle machination trame-t-il ? En bilan de ce diptyque relançant la saga de William Vance et Greg, les deux nouveaux auteurs ont accepté de répondre à nos questions.
Le début d’un nouveau cycle dans l’univers fantasy foisonnant des mondes d’Ewilan…
Pierre Botero a bâti un univers cohérent d’heroic-fantasy dans une série de romans pour la jeunesse à succès autour de la trilogie centrale « La Quête d’Ewilan ». Depuis 2013, Lylian les adapte en bandes dessinées avec un savoir-faire consommé. Avec « Les Mondes d’Ewilan » commence un nouveau cycle avec des personnages plus âgés, adolescents, pour un lectorat qui vieillit avec eux.
« Lou ! Sonata » : enfin seule !
« NiouLouNiouLou ! » : c’est sur une discrète note de musique que Lou nous revient. Une petite musique qui annonce la seconde saison de ses aventures. L’enfant fantasque qui vivait seule avec sa maman s’est émancipée. Lou est devenue une jeune femme qui, pour la première fois, doit apprendre à gérer son quotidien d’étudiante indépendante. Retour attendu d’une héroïne culte.
Érotisme et fantastique chez Félès…
Les jeunes éditions Félès nous proposent en cette fin d’année deux voyages : l’un, érotique, vers le Japon de la fin du XIXe siècle ; l’autre, fantastique et contemporain, au Cameroun. Dans les deux cas, deux nouveaux dessinateurs, particulièrement efficaces, à découvrir…
Andréas Rosenberg : l’homme qui a vécu trois vies…
Andréas Rosenberg n’est pas un auteur de bandes dessinées comme les autres. Au fil de sa longue vie, il a longtemps mené de front trois disciplines artistiques : dessinateur de mode masculine, peintre officiel de l’armée française et dessinateur de bandes dessinées. Et pourtant, rares sont ceux qui aujourd’hui se souviennent de son nom. En 1992, c’est grâce à Alain Beyrand, fondateur des Dossiers Pressibus qui l’a rencontré, qu’Andréas Rosenberg est enfin sorti de l’anonymat.
« Petit éloge de Tintin » : un regard amical…
Après la publication de plus de 500 ouvrages dédiés à Hergé et à son œuvre, en ajouter un de plus devient téméraire. C’est pourtant ce que propose avec une certaine réussite Jacques Langlois, tout au long d’un texte ou les commentaires de la groupie absolue d’Hergé — qu’il est toujours — flirtent avec un solide désir de recherche de la vérité.
Zoom sur les meilleures ventes de bandes dessinées du 2 décembre 2020
Détrôné dans le « Top 20 GfK/Livres Hebdo » par les mémoires de Barack Obama, « L’Arabe du futur » reste cependant en tête du classement des meilleures ventes de BD, devant « Blake et Mortimer T27 : Le Cri du Moloch » (3e du palmarès généraliste).
« Un cow-boy dans le coton » (4e), « Les Vieux Fourneaux » T6 (6e), « Le Menhir d’or » (8e), « Adèle et la galaxie des Bizarres » (9e) et « l’Arabe du Futur » T1 (15e) figurent également dans le palmarès tous genres confondus.
« Peau d’homme » par Zanzim et Hubert, Grand Prix de la Critique ACBD 2021
Au terme d’un troisième tour de vote, l’Association des critiques et journalistes de bande dessinée (ACBD) couronne « Peau d’homme » de Zanzim et Hubert, publié aux éditions Glénat, de son Grand Prix 2021.
Tintin aux couleurs de l’Amérique
Dans le prolongement des deux précédentes mises en couleur de « Tintin au pays des Soviets » (2017) et « Tintin au Congo » (2019), les éditions Moulinsart proposent ce mois-ci de redécouvrir la version originale de « Tintin en Amérique » entièrement colorisée, 89 ans après sa première publication dans Le Petit Vingtième. En parallèle, le toujours érudit Philippe Goddin livre la monographie « Hergé, Tintin et les Américains » : un passionnant décryptage de 240 pages illustrées qui permettent de mieux comprendre cette aventure, triplement marquée par son rythme cinétique effréné, ses références historiques et les passions de son auteur. Les lecteurs découvriront notamment comment, à travers ses propres courriers et voyages effectués aux États-Unis, Hergé s’était cultivé sur des tribus amérindiennes qu’il cherchait à défendre contre toutes les formes d’ostracisation…






