Cette nouvelle livraison de Tonnerre de bulles ! délaisse les auteurs phares incontournables pour ouvrir ses pages à des créateurs talentueux, mais moins prisés par les animateurs de revues spécialisées. Une heureuse initiative, qui permet de faire connaissance avec Christophe Alvès et Olivier Brazao : deux dessinateurs passionnants et passionnés par leur profession, appréciés par leurs lecteurs. Encore un numéro incontournable de la « revue des petits Sapristains ». « Toujours en… vie », nous écrit malicieusement Yannick Bonnant — son animateur. Nous l’espérons pour très longtemps encore, cher Yannick !
Lire la suite...Archives mensuelles : mai 2021
« Joe la pirate » : encore un remarquable album posthume du regretté scénariste Hubert…
La riche navigatrice britannique Marion Barbara, dite Joe, Carstairs a eu une vie pour le moins très originale. Cela n’a pas manqué d’inspirer le talentueux Hubert Boulard, dit Hubert, qui fut notamment le narrateur de ce chef-d’œuvre qu’est « Peau d’homme » (1). Il s’agit, hélas !, de l’un de ses derniers ouvrages — mais aussi de son premier et unique biopic — où se reforme le convaincant duo d’une autre de ses incontestables réussites : « Monsieur désire ? », également parue chez le même éditeur. Pour ce faire, en lorgnant la ligne claire d’un Yves Chaland, la dessinatrice Virginie Augustin (2) redouble de virtuosité graphique dans ce roman esthétique de plus de 200 pages qui ne laisseront personne insensible…
Tant de sauvageries envers les bêtes…
Dans le monde animal, il y a des espèces qui voyagent beaucoup – les espèces migratrices – et d’autres que les humains font voyager à leur dépens pour finalement les enfermer dans des zoos ou, pire, pour les achever dans des abattoirs. Dans « Lettres des animaux à ceux qui les prennent pour des bêtes », adapté du livre éponyme d’Allain Bougrain-Dubourg, une quinzaine d’animaux s’adresse directement à nous pour évoquer leur triste sort…
« Kebek » : l’énigme Adamante…
Ce second volet du diptyque de Philippe Gauckler lève le voile sur les origines de l’énigmatique Adamante : un récit de science-fiction classique, au bon sens du terme, qui interpellera les nostalgiques de René Barjavel et plus particulièrement ceux qui ont aimé « La Nuit des temps ». Au classicisme pur jus de la grande époque des romans d’anticipation, Gauckler oppose un final qui en surprendra plus d’un.
De naufrages en noyades inexpliquées : Halifax, un chagrin qui ne passe pas…
Le port canadien de Halifax a été, au début du XXe siècle, surnommé la ville du chagrin pour avoir recueilli les dépouilles des victimes du naufrage du Titanic. En 1914, un deuxième naufrage est tout aussi catastrophique, l’Empress of Ireland entraine vers le fond 1 012 victimes. Trois ans plus tard, c’est encore dans cette baie qu’a lieu la plus importante explosion créée par l’homme avant celle d’Hiroshima. Ce contexte historique anxiogène a inspiré Didier Quella-Guyot qui a fait de la capitale de la Nouvelle-Écosse le territoire d’un bien mystérieux tueur en série.
Jen Trubert : artisan du merveilleux… (seconde et ultime partie)
Suite et fin du dossier consacré à Jean Trubert : un dessinateur modeste jusqu’au choix de sa signature d’artiste, puisqu’il se contente d’ôter un a à son prénom ! Alors que sa fille Chantal vient de publier un passionnant hommage intimiste à son père qui est injustement oublié par nombre d’historiens de la BD (1), nous tentons, nous aussi, de faire revivre sa riche carrière commencée avant-guerre et qui s’est poursuivie jusqu’à la fin des années 1970… Pour consulter la première partie, cliquer ici : Jen Trubert : artisan du merveilleux… (première partie).
Zoom sur les meilleures ventes de BD du 5 mai 2021
Toujours recherché par les lecteurs, « Wanted Lucky Luke » reste en tête du classement des meilleures ventes de BD, mais quitte le « Top 20 GfK/Livres Hebdo » dont les seuls représentants du 9e art sont à nouveaux trois titres d’origine asiatique, tous positionnés en fin de palmarès : « My Hero Academia T28 : Destruction massive » de Kohei Horikoshi (Ki-oon, 18e), « Mashle » T1 d’Hajime Komoto (Kaze Manga, 19e) et « Fairy Tail : 100 Years Quest » T8 de Hiro Mashima et Atsuo Ueda (Pika, 20e). De son coté, le « Top 20 BD » accueille une unique nouveauté (« Idiss ») et un retour stratosphérique…
« Jukebox Motel » T1 : celui qui est parti avec la musique de Johnny Cash…
En 1967, Thomas Shaper est encore un peintre qui cherche sa voie, lorsque Andy Warhol le remarque. Un succès qui peut faire perdre la tête ! Parti vers la Californie, en proie aux doutes amoureux et artistiques, le jeune homme rencontre le chanteur country Johnny Cash qui n’aspire qu’à une chose : trouver un lieu de sérénité, pour échapper au star system… Shaper va transformer ce rêve pour en faire sa propre quête intérieure, dans l’Amérique fantasmée des années 1960. Musique pour le label Grand Angle : « I Will Rock and Roll With You » !
Après l’heure, c’est plus l’heure ! Est-ce à dire que même l’amour n’attend pas ?
Le temps ne compte plus pour David Ratte : et l’auteur du « Voyage des pères » n’arrête pas ! Après son excellent « Ma fille, mon enfant » paru l’an passé (et en attendant le premier tome de « Réfugiés climatiques & castagnettes » qu’il réalise seul), il récidive avec un nouveau et émouvant one-shot, cette fois-ci situé dans le Paris de 1905 : une très belle histoire d’amour, doublée d’un captivant chassé-croisé, où il adopte une ligne claire minutieuse et expressive, lorgnant sur l’ambiance magique des films d’animation de Paul Grimault : « Le Petit Soldat », « La Bergère et le Ramoneur », « Le Roi et l’Oiseau »…
Les jeunes pousses de la « Green Team » veulent un monde plus vert : entretien avec des auteurs engagés, mais pas moralisateurs…
La Green Team, ce sont deux jeunes jumeaux, Justine et Antonin, qui essayent de convertir à l’écologie leurs parents et leurs amis. Pas d’impératif catégorique pour eux, mais une bonne volonté brouillonne fort communicative. KarinKa et Domas, les auteurs, nous en disent plus sur cette série dont les bons sentiments ne nuisent pas à l’aspect pédagogique ni à un humour omniprésent.
« Urban » : la fin de Monplaisir ?
Il est des séries dont on espère avec impatience la conclusion tout en la redoutant, tant il est bon de vivre dans l’attente d’un nouvel épisode. Pour « Urban », ce cinquième volume de 80 pages est bien le dernier, et déjà on le regrette. Les auteurs ont donné vie à un monde tellement original, à des personnages tellement forts, que nous ne sommes pas pressés de les quitter. Ne boudons pas notre plaisir et plongeons une fois encore dans l’univers impitoyable d’« Urban ».






