Né le 14 août 1926, le légendaire René Goscinny — disparu trop tôt à l’âge de 51 ans, en 1977 — aurait eu 100 ans cette année ! Une salve de livres célèbre aujourd’hui le centenaire du génial scénariste d’« Astérix », de « Lucky Luke » ou d’« Iznogoud » et créateur du « Petit Nicolas » (1), dont l’un est attendu depuis longtemps, puisque la première partie a paru en 2019. (2) Il s’agit du second volume du « Roman des Goscinny » par Catel (spécialiste du roman graphique biographique avec ses sensibles ouvrages sur Kiki de Montparnasse, Olympe de Gouges, Joséphine Baker…), qui a bénéficié une nouvelle fois, pour cet instructif et touchant portrait, de la complicité d’Anne Goscinny : la fille de cet homme guidé par le plaisir de divertir, dont l’héritage universel continue de faire vibrer toutes les générations…
Lire la suite...« Monument amour » T1 par Arnaud Floc’h et Didier Quella-Guyot
En août 1914, Camille Le Moall, un sculpteur breton orphelin et veuf, au passé tourmenté, voit arriver la mobilisation pour la Grande Guerre comme une délivrance… jusqu’à ce jour de l’hiver 1917 où, au fond de sa tranchée, il est victime d’un tir d’obus ennemi.
Grièvement blessé aux jambes, le soldat est extrait de la gangue de terre et de boue qui recouvre son corps par un chien venu de nulle part. Imperturbable, l’animal suit ensuite le blessé jusqu’à l’hôpital. Entre l’homme et la bête, qu’il baptise Bounty, se créent des liens mystérieux. Au centre de convalescence, où il sculpte la statue d’une femme dénudée pour redonner vie à un piédestal vide, Camille se lie également d’amitié avec le lieutenant Alcide d’Alembert ; lequel l’aide à rejoindre le centre de dressage pour chiens de guerre, près de Versailles.
Le conflit terminé, Le Moall alors démobilisé repart sans plaisir pour la Bretagne, accompagné d’une bande de chiens blessés, devenus inutiles et condamnés par l’armée à l’équarrissage. Dès son arrivée au village, il gagne le petit cimetière où repose sa femme Sarah, décédée peu avant le début du conflit et que ses beaux-parents – les Mimieux — accusent d’avoir tué. L’homme retourne ensuite son atelier d’artiste, rejoint par ce passé tragique qui l’a hanté tout au long des années de guerre…
Avec en toile de fond l’histoire peu connue des chiens de guerre — héroïques tout au long de la Première Guerre mondiale —, notre collaborateur Didier Quella-Guyot (le scénariste de « Facteur pour femmes » et de « Boitelle et le café des colonies ») brosse le portrait d’un artiste écorché vif, aux prises avec un lourd passé.
Par petites touches, il ouvre quelques portes, laissant le lecteur s’interroger sur la véritable personnalité de Camille Le Moall. Arnaud Floc’h, bien qu’ayant débuté en 1982, s’est révélé seulement à partir de 2006 avec la publication d’une série de one shot aux sujets forts : « La Compagnie des cochons », « Les Otages », « Le Carrefour ». Son trait réaliste et soigné lui permet de camper des personnages solides, auxquels le lecteur s’attache. Camille Le Moall est de ceux-là. Il nous faudra attendre la parution du second volume de ce diptyque pour enfin savoir si l’artiste maudit est victime ou criminel.
« Monument amour » T1 par Arnaud Floc’h et Didier Quella-Guyot
Éditions Bamboo/Grand Angle (13,90 €) – ISBN : 978-2818941553














