Bizarre autant qu’étrange : la quête du docteur Harryhausen contre les monstres de l’éther…

Le spiritisme était à la mode dans l’Europe de la Belle Époque, et particulièrement dans l’Angleterre victorienne. Pour le docteur Harryhausen, les spirites et leurs adeptes sont tous des sots qui ne voient pas que la Terre est menacée par un danger imminent : l’émergence de monstres venus d’une dimension parallèle, l’éther. C’est dans le deuxième volume du diptyque « Homunculus » qu’il réussit à éviter l’apocalypse.

À l’automne 2020, nous découvrions l’univers néo-gothique fantastique du diptyque « Homunculus » des Danois Rune Ryberg et Benni Bødker. Dans le premier volume (« Le Serpent de feu »), nous faisions connaissance avec le docteur Harryhausen, spécialiste de la philologie orientale. Il est toujours accompagné d’un petit être étrange aux oreilles curieusement dressées : Homunculus.

Créé par des forces obscures pour envahir la Terre, Homunculus a été recueilli par le bon docteur pour mieux lutter contre elles. Assez craintif, il ne sort que cagoulé pour ne pas effrayer les passants et pour se cacher des monstres de l’éther qu’il est le seul à voir.

En effet, dans le Londres de la fin du XIXe siècle, les membres de l’occulte ordre d’Ashra, venus des confins de l’Inde et du Népal, ont ouvert une porte vers une dimension parallèle pour faire pénétrer sur notre planète des créatures monstrueuses.

Traumatisé par la mort de son épouse, paranoïaque et esseulé, le docteur Harryhausen se sait le dernier rempart pour défendre notre civilisation.

Dans le secret de son laboratoire, il prépare une arme ultime pour mettre fin à l’invasion de monstres purulents. L’aide d’un Homunculus transformé est plus que nécessaire pour lutter contre l’assaut final des puissances démoniaques.

Basée à Saintes, la maison d’édition Les Aventuriers de l’étrange œuvrent depuis plusieurs années à la reconnaissance du travail du bédéaste danois Rune Ryberg : le deuxième volume d’ « Homunculus » marque leur sixième collaboration après « Géant et le fâcheux rendez-vous », « La Sorcière en haut de la montagne », «  Les Dinosaures de l’apocalypse » et « Toute une vie dans des sacs en plastique ».

On y retrouve son trait lâché, un peu dans le style de Sfar ou de Blain, parfois réaliste ou parfois caricatural, dans cette bande dessinée néo-gothique qui s’amuse de la survenue de monstres effrayants.

Le dessinateur s’est adjoint la collaboration d’un compatriote scénariste pour ce diptyque fantastique et décalé vraiment surprenant : Benni Bødker. C’est l’un des principaux auteurs danois de romans d’horreur pour enfants et adolescents : il s’est évidemment inspiré des romans de Lovecraft pour écrire une intrigue dense, autour d’un monde parallèle et monstrueux prêt à envahir notre réalité.

Le deuxième volume de 96 pages est agréablement rythmé par des courses-poursuites endiablées et d’énergiques confrontations entre des héros aux sentiments très humains et des créatures sorties de l’imagination fertile des auteurs.

La grande force de la bande dessinée est de nous faire ressentir la souffrance si humaine du docteur et de son étrange adjoint, dans un récit feuilletonesque qui mêle habilement rebondissements surréalistes à un humour distancié.

« Homunculus T 2 : La Solution apocalyptique » page 38.

Pour les amateurs du travail de Rune Ryberg, deux bonnes nouvelles pour finir cette chronique : la sortie d’un nouvel album intitulé « La Fourchette de la mort » est prévue pour juin 2023, chez le même éditeur, et il travaille actuellement sur « Rhubarian » : une série animée basé sur son univers entre « Oggy et les cafards » et « Les Zinzins de l’espace ».

.

Laurent LESSOUS (l@bd)

« Homunculus T 2 : La Solution apocalyptique » par Rune Ryberg et Benni Bødker

Éditions Les Aventuriers de l’étrange (18,00 €) – EAN :  978-2-490195-31-2

Parution 24 février 2023

« Homunculus T 2 : La Solution apocalyptique » page 39.

Galerie

2 réponses à Bizarre autant qu’étrange : la quête du docteur Harryhausen contre les monstres de l’éther…

  1. BARRE dit :

    Hum… Effectivement, un graphisme proche de Sfar ou de Blain.
    Il en faut vraiment pour tous les goûts…
    Espérons quand même que ce dessinateur trouve son propre style…

    • MAF dit :

      En lisant d’autres albums de cet auteur, vous verriez que Rune Ryberg a largement trouvé son propre style, tant dans les thématiques, le découpage, les couleurs, la rigueur de narration que des influences.

Répondre à MAF Annuler la réponse.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>