Frankenstein ne meurt jamais. Constamment adapté et réinventé au gré des envies, comme nous le rappellerons ci-dessous. Le dernier auteur en date à le réimaginer, c’est David Sala qui s’approprie le personnage et le mythe de manière incroyablement novatrice, en grande partie grâce à une interprétation chromatique époustouflante…
Lire la suite...« Frankenstein » : toujours réinventé !
Frankenstein ne meurt jamais. Constamment adapté et réinventé au gré des envies, comme nous le rappellerons ci-dessous. Le dernier auteur en date à le réimaginer, c’est David Sala qui s’approprie le personnage et le mythe de manière incroyablement novatrice, en grande partie grâce à une interprétation chromatique époustouflante…
Déjà, dans « Le Poids des héros » (Casterman, 2022), David Sala s’était fait remarquer par son goût pour les ambiances très colorées et la restitution soignée de décors quotidiens (tapisseries, carrelages…), bref, un style graphique très pictural que ce nouveau titre ne dément pas – bien au contraire ! -, le monstre prenant des couleurs par ses habits, la pigmentation changeante de sa peau ou les décors expressionnistes et oniriques, abstraites même, qui laissent le lecteur abasourdi.
Le personnage qui se démène sous nos yeux, fuit, revient, se cache, se révolte, se venge et n’en finit pas d’intriguer, quelquefois même de séduire. Sa folie n’est pas si folle et le monstre n’est pas toujours celui qu’on croit. D’ailleurs, son créateur, insatiable chimiste au point de s’atteler à la création d’un être « humain », n’est-il pas plus abominable que lui ?
Ce n’est évidemment pas la première fois que l’œuvre de Mary Shelley tente les dessinateurs. Chez Casterman, déjà, en 2003, Denis Deprez a mis en scène l’inquiétante créature lors d’une expédition vers le Pôle où un équipage découvre, errant sur la banquise, le fameux docteur qui va leur raconter son histoire…
Très récemment, en 2025, les éditions Les Aventuriers d’Ailleurs ont publié un « Frankenstein ou Le Prométhée moderne » (signé Meritxell Ribas Puigmal et Sergio Antonio Sierra Hernandez), une superbe adaptation avec des pages documentaires sur l’œuvre originale en fin d’ouvrage. Et en 2026, chez Sarbacane, par Hélène Lespagnard et Vincent Kings, « Mon copain Frankenstein » offrait un personnage à hauteur d’enfants d’une dizaine d’années (cf.chronique ici-même).
N’oublions d’ailleurs pas les trois tomes réalisés par Marion Mousse : « Frankenstein de Mary Shelley », chez Delcourt (2008). Ni les deux tomes de « Mister Hyde contre Frankenstein » d’Antonio Marinetti et Dobbs chez Soleil, en 2010 ; ou l’album de Sergio Serra, en 2009 chez Petit à Petit, dans un graphisme façon carte à gratter, jouant à fond le côté sombre des personnages.
Enfin, l’autrice Mary Shelley elle-même, a poussé Daniel Casanave et David Vandermeulen à évoquer sa vie en deux tomes, au Lombard, en 2012, partant du principe qu’on connaissait son œuvre « Frankenstein », qu’elle écrivit à 19 ans, mais qu’on ignorait tout de l’histoire de Mary et Percy Shelley : ce jeune couple qui osa, disaient-ils, réinventer l’amour ! Incontestablement, Frankenstein n’est pas près de mourir !
Didier QUELLA-GUYOT
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« Frankenstein » par David Sala
Éditions Casterman (28 €) – EAN : 9782203292710
Parution 15 avril 2026
















