Les éditions Delcourt poursuivent leur remarquable travail de mise en valeur des classiques de la littérature jeunesse, dans de belles intégrales de bande dessinées. Ainsi, après – par exemple – les nouvelles éditions de « L’Île au trésor », des « Fables de La Fontaine » ou du chef d’œuvre de Michel Plessix (« Le Vent dans les saules »), c’est l’intégrale du « Magicien d’Oz » qui est réédité dans une collection Prestige qui porte bien son nom.
Lire la suite...La magie, toujours opérante, du « Magicien d’Oz »…
Les éditions Delcourt poursuivent leur remarquable travail de mise en valeur des classiques de la littérature jeunesse, dans de belles intégrales de bande dessinées. Ainsi, après – par exemple – les nouvelles éditions de « L’Île au trésor », des « Fables de La Fontaine » ou du chef d’œuvre de Michel Plessix (« Le Vent dans les saules »), c’est l’intégrale du « Magicien d’Oz » qui est réédité dans une collection Prestige qui porte bien son nom.
Tout commence dans une ferme de la plaine du Kansas où Dorothée vit avec son oncle et sa tante. Un jour, une terrible tornade soulève la maison de bois – avec la jeune orpheline coincée dedans – et la fait se poser dans un pays inconnu : le pays des Munchkins. La maison y écrase du même coup une méchante sorcière : la sorcière de l’Est… Car ce pays est peuplé de sorcières et de magiciens.
Sur les conseils de la gentille sorcière du Nord, pour pouvoir rentrer chez elle, Dorothée accepte de rencontrer le plus grand d’entre eux : le magicien d’Oz qui habite la mystérieuse Cité d’émeraude. Sur son chemin, elle aide plusieurs personnages qui font, dès lors, route avec elle : un épouvantail qui voudrait avoir un cerveau à la place de la paille qui meuble sa tête, un bûcheron en fer blanc qui rêve d’avoir un cœur et un lion poltron qui voudrait du courage. La folle équipée ne fait que commencer pour Dorothée, accompagnée de son petit chien Toto et de ses trois compagnons.


Sur la route de la Cité d’émeraude, les dangers sont nombreux : d’une rivière à traverser (malgré de forts courants) à un champ de coquelicots ; des fleurs qui dégagent une odeur si puissante que celui qui la respire s’endort aussitôt.
Dorothée et ses amis parviennent néanmoins jusqu’à la merveilleuse cité dirigée par le non moins mystérieux magicien d’Oz.
Pour accéder à la requête de la fillette, qui souhaite plus que tout retourner chez elle (au Kansas), le magicien d’Oz lui donne une mission en retour : débarrasser le pays d’Oz de la dernière méchante sorcière : celle de l’Ouest.
Mission périlleuse s’il en est… Ils ne seront pas trop de quatre pour remporter ce combat et revenir la Cité d’émeraude pour démasquer les secrets du versatile magicien d’Oz.


« The Wonderful Wizard of Oz », le roman culte de Lyman Frank Baum est publié en 1900 aux États-Unis.
Il remporte un énorme succès public qui sera conforté par plusieurs adaptations au cinéma, dont la plus célèbre est celle en couleurs de Victor Fleming en 1939 : avec Judy Garland en vedette qui popularise la célèbre chanson « Over the Rainbow ».
En 2005, est publiée une adaptation en bande dessinée signée David Chauvel pour le dessin d’Enrique Fernandez : un jeune artiste espagnol.
C’est cette trilogie qui est reprise dans une belle intégrale avec dos toilé et dorure en couverture dans la collection Prestige des éditions Delcourt.
David Chauvel respecte l’œuvre original, notamment en reprenant des passages dans une narration en voix-off, mais outre le caractère classique de cette histoire, l’adaptation graphique est d’une belle virtuosité. L’alors jeune illustrateur espagnol, Enrique Fernandez, qui signe ces pages dispose d’un sens de la couleur étonnant : les paysages nocturnes ou le traitement des scènes de souvenirs sont particulièrement suggestives. L’expression des personnages et le dynamisme de leur gestuelle sont tout aussi remarquables que ce soient les animaux : des mulots aux singes volants ou les principaux personnages humains. On ne peut que regretter d’avoir trop peu souvent eu l’occasion de lire ses œuvres depuis, mis à part « Les Libérateurs », « La Mère des victoires », « L’Île sans sourire » et « Les Contes de l’ère du cobra ». C’est bien peu !
La valeur patrimoniale du titre et de la bande dessinée n’est plus à faire. À vous de (re)découvrir ce bel et riche ouvrage et de le partager avec de nouveaux jeunes lecteurs, jusqu’à la conclusion qui met en valeur des thématiques bienveillantes, toujours d’actualité, sur le courage et le solidarité nécessaire, la persévérance qui finit toujours par payer et surtout sur la formidable richesse intérieure que tout un chacun possède et qu’il lui faut découvrir pour grandir et devenir enfin lui-même. Allez, comme dans la chanson chantée par Judy Garland : à vous de vous échapper au « désordre sans espoir » (hopeless jumble) du monde pour passer au-dessus de l’arc-en-ciel, « over the rainbow », et de vous perdre dans le monde onirique du magicien d’Oz.
Laurent LESSOUS (l@bd)
« Le Magicien d’Oz » par Enrique Fernandez et David Chauvel, d’après Lyman Frank Baum
Éditions Delcourt (20,50 €) – EAN : 9782413095149
Parution 15 octobre 2026






















