Une trentenaire parisienne, un brin oppressée et angoissée, sent renaître une inquiétante mémoire familiale dans le manoir décrépi de ses grands-parents maternels. Elle va se retrouver confrontée à des secrets d’ascendance enfouis et à des rituels obscurs, presque surnaturels… Dans ce glaçant récit aux frontières du fantastique et de l’épouvante — un peu à la Stephen King —, la jeune et talentueuse Elizabeth Holleville nous parle du choix des femmes de ne pas avoir d’enfant, évoque l’emprise psychologique intergénérationnelle, et fait référence au cinéma de genre des années 1970/80, le tout dans une curieuse esthétique : mélange de style art déco et de ceux d’auteurs dits « alternatifs », comme les Américains Charles Burns et Daniel Clowes ou le Suisse Frederik Peeters.
Lire la suite...Maléfices – Dies Irae 1
Roger Seiter et son épouse Isabelle revisitent avec habileté et réussite les récits de sorcellerie et de grimoires maudits.
La scène se déroule dans un bar. Pour éviter une altercation entre jeunes, dont certains ont parié plus qu’ils pouvaient se permettre, Théo achète un jeu à gratter et gagne, sans surprise de sa part, suffisamment pour mettre fin au conflit. Sans surprise car Théo a bu un philtre de chance. Travaillant la nuit chez le boulanger Sorbier, Théo aide souvent le brocanteur du coin, Toszek, qui lui offre des bouquins en échange. Or ce jour là, le livre traite de magie noire et sorcellerie … De son nouveau pouvoir, Théo profite sans compter. Rapidement pourtant, alors qu’il se voit recherché par un curieux antiquaire qui veut récupérer le grimoire, il semble perdre le contrôle de lui-même.
La première bonne idée scénaristique de ce diptyque signé de Roger Seiter (Fog) et de son épouse Isabelle Seiter-Mercier est de rendre crédible la fabrication de leurs philtres de sorcellerie, en jouant sur le symbolisme. Ainsi, tous les ingrédients légendaires trouvent-il leur équivalent dans notre « monde ». Par exemple, la peau de basilic devient une ceinture en lézard ! etc. La seconde bonne idée du récit est de le situer dans un monde austère, où la vie n’est pas un régal. Max, dessinateur dont les travaux ont été remarqué, après leur publication sur Internet, par Roger et Isabelle Seiter, croque avec efficacité l’atmosphère fragile et torturée du récit qu’il illustre avec réalisme. LT







