Les mois qui ont précédé les grands bouleversements de 1936 servent de cadre à ce récit aux personnages soigneusement étudiés. Au milieu des années 1930, François, le fils de grands bourgeois vivant dans leur bulle, est confronté à une bande de jeunes adolescents : enfants d’ouvriers, dont il découvre le quotidien précaire. À partir de cette trame conventionnelle, Éric Stalner construit une histoire émouvante, flirtant avec la grande histoire. Un choc violent entre deux mondes qui s’opposent : prémices des soubresauts annonçant les années sombres de la Seconde Guerre mondiale.
Lire la suite...Hélène Bruller fait son catalogue
Auteur en compagnie de Zep du fameux Guide du zizi sexuel, un travail de couple qui a beaucoup fait parler de lui, Hélène Bruller et son éditeur Hervé Desinge (Albin Michel) nous livrera le 19 octobre 2004 un ouvrage délicieusement souriant.
En avant première, à l’aide de l’exemplaire destiné à la presse dans ses épreuves non corrigées, nous vous communiquons quelques indices de l’esprit d’Hélène qui crie non sans humanité qu’elle « veux le prince charmant », une requête à laquelle nous adhérons avec enthousiasme !
Conçu dans un graphisme très « actuel », cette suite de gags – la plupart en une planche – nous révèle les secrets de son couple (Hélène et Philippe = Philippe Chapuis alias Zep semble-t-il), un état des lieux sans concession, le titre de chaque planche faisant foi : « J,F, 30 ans passés, et pas mariée », « Comment faire son cinéma », « Les phrases qui agacent très beaucoup », etc. Toutefois, son regard ne se limite pas à son couple et se pose également sur les petites choses de la vie quotidienne (comme « Les trucs qui dépassent » : tel le string qui dépasse du pantalon taille basse ou encore la bretelle du soutif qui dépasse du débardeur) avec une acuité qui sonne juste dans notre décor d’aujourd’hui. Pré publié dans le magazine suisse Edelweiss, Je veux le prince charmant (qui a failli s’intituler N’importe quoi) est une réussite, une caricature douce amère des filles de 30-40 ans qui nous rassure sur notre choix d’hier : on a bien fait de vouloir rester célibataire, à un gamin entre deux portes près…
Philippe Mellot






