Quel plaisir que de retrouver, au sein d’un nouveau cycle d’enquêtes délicatement rétro, ce bon vieux commissaire Raffini, créé en 1980 par le prolifique, mais non moins talentueux, scénariste Rodolphe et par le célèbre dessinateur Jacques Ferrandez, relayé à partir de 1995 par Christian Maucler ! Toujours aussi bougon, mais conduisant ses investigations avec calme et obstination, il est désormais assisté par une charmante équipière — elle remplace son fidèle adjoint Morlaine qui a pris sa retraite — pour éclaircir le contexte de la mort d’une actrice sur le tournage du film de gangsters « La Poupée sans tête ». Horrible accident ou homicide, l’affaire, entre faux-semblants, glamour et décors de cinéma, est haletante !
Lire la suite...« Les Amours insolentes » par Loustal et Benacquista
Voici un album assez atypique, au format « à l’italienne » avec les textes sous les images, qui propose dix-sept variations originales sur le couple -ou plutôt sur le bonheur amoureux-, tour à tour drôles, tendres, insolentes ou insolites : autant de saynètes passionnelles présentant la vie à deux sous la forme de nouvelles illustrées et autant d’exercices de style dont Le Monde Magazine nous avait déjà présenté quelques extraits !
Chacune de ces unions improbables, baignant pourtant, la plupart du temps, dans la plénitude, est composée de douze images ayant la même dimension, à la manière d’un album photo que l’on feuillette tranquillement ; ainsi a-t-on l’impression qu’elles nous révèlent un aspect inconnu de nos vies ou que l’on va y trouver l’explication de ce qui fait que les histoires d’amour finissent bien ou mal !

L’ingéniosité déployée par le romancier Tonino Benacquista, lequel est décidément très présent dans la bande dessinée ces temps-ci (ne serait-ce que de par sa collaboration avec Daniel Pennac sur le dernier « Lucky Luke »), incite à une lecture attentive des visages volontairement naïfs et figés auxquels Jacques de Loustal donne une expressivité étonnante ; ceci grâce à sa maîtrise de son style qui nous rappelle les peintures anglo-saxonnes des années cinquante (celles de David Hockney ou d’Edward Hopper, par exemple).
Et, contrairement à ce que l’on pourrait craindre, l’accumulation de ces faux-semblants platoniques ou de ces compromis implicites contre l’érosion des sentiments ne provoque aucune lassitude, bien au contraire !
Gilles RATIER
? Les Amours insolentes ? par Jacques de Loustal et Tonino Benacquista
Éditions Casterman (20 Euro)









il y a une parenté de trait qui se crée parfois entre Loustal et Dupuy-Berberian. Les extraits de l’album que vous présentez en sont un exemple assez frappant.