La publication de ce nouvel album de « Max Fridman », l’une des séries emblématiques de l’Italien Vittorio Giardino (âgé aujourd’hui de 79 ans), est un événement : d’autant plus que son réaliste dessin « ligne claire » est toujours aussi élégant et que son propos humaniste, témoignage d’une époque trouble pour une Europe en plein désarroi, est une fois de plus séduisant et poignant… Après avoir traqué les fascistes à Istamboul ou à Budapest, et pendant la guerre civile espagnole, notre énigmatique et flegmatique agent secret évolue, cette fois-ci, dans l’Autriche — annexée par l’Allemagne nazie — de 1938, pour cet imposant ouvrage composé de deux parties distinctes qui forment un tout passionnant…
Lire la suite...« Les Amours insolentes » par Loustal et Benacquista
Voici un album assez atypique, au format « à l’italienne » avec les textes sous les images, qui propose dix-sept variations originales sur le couple -ou plutôt sur le bonheur amoureux-, tour à tour drôles, tendres, insolentes ou insolites : autant de saynètes passionnelles présentant la vie à deux sous la forme de nouvelles illustrées et autant d’exercices de style dont Le Monde Magazine nous avait déjà présenté quelques extraits !
Chacune de ces unions improbables, baignant pourtant, la plupart du temps, dans la plénitude, est composée de douze images ayant la même dimension, à la manière d’un album photo que l’on feuillette tranquillement ; ainsi a-t-on l’impression qu’elles nous révèlent un aspect inconnu de nos vies ou que l’on va y trouver l’explication de ce qui fait que les histoires d’amour finissent bien ou mal !

L’ingéniosité déployée par le romancier Tonino Benacquista, lequel est décidément très présent dans la bande dessinée ces temps-ci (ne serait-ce que de par sa collaboration avec Daniel Pennac sur le dernier « Lucky Luke »), incite à une lecture attentive des visages volontairement naïfs et figés auxquels Jacques de Loustal donne une expressivité étonnante ; ceci grâce à sa maîtrise de son style qui nous rappelle les peintures anglo-saxonnes des années cinquante (celles de David Hockney ou d’Edward Hopper, par exemple).
Et, contrairement à ce que l’on pourrait craindre, l’accumulation de ces faux-semblants platoniques ou de ces compromis implicites contre l’érosion des sentiments ne provoque aucune lassitude, bien au contraire !
Gilles RATIER
? Les Amours insolentes ? par Jacques de Loustal et Tonino Benacquista
Éditions Casterman (20 Euro)








il y a une parenté de trait qui se crée parfois entre Loustal et Dupuy-Berberian. Les extraits de l’album que vous présentez en sont un exemple assez frappant.