Ils étaient neuf ! Un seul a survécu au voyage qui devait les conduire jusqu’à cette Europe dont l’opulence hantait leur misérable quotidien. Les reportages réalisés en 1993 par Philippe Broussard pour le quotidien Le Monde servent de trame à cet album àclasser entre BD documentaire et bande dessinée classique. Les dessins souvent rapidement réalisés pour ce genre d’ouvrages cèdent ici la place à un trait classique, soigné, porté par un scénario qui flirte avec le polar. Hélas, l’aventure tragique vécue par Kingsley et ses compagnons de misère n’est pas une fiction !
Lire la suite...Sicile au basilic…
Sa famille est enfin réunie. Dix ans déjà que ce n’avait pas été le cas. Tous les enfants sont là… pour son enterrement, à elle, leur mère. Et, de son au-delà narratif, c’est elle, Maria, qui raconte et nous présente un à un ses enfants qu’elle a élevés seule, son mari Pietro l’ayant quittée vingt ans plus tôt. Alors, en route pour Palerme et la réunion de famille…
La famille est aussi hétéroclite que compliquée : il y a Giovanni, le fils ainé, un professeur un peu veule et sa femme Anna, qui n’est pas faite pour lui ; Agata, l’artiste peintre ratée et qui s’entête ; Diego Maria, homosexuel larmoyant, volage et intéressé par l’argent ; Rosalia, la belle infirmière qui vient d’épouser un médecin ; Santo, le plus jeune, journaliste…
L’auteur évoque les grandes étapes de la vie de Maria depuis sa rencontre avec Pietro et par le biais des moments qui ont forgé son goût pour la cuisine. En alternance, la vie de chacun de ses enfants est racontée par eux-mêmes. Entre chaque chapitre, une recette manuscrite car, ce qui les réunit tous, ce n’est pas l’amour familial, mais bel et bien la cuisine et les plats savoureux de leur mère. Maria a d’ailleurs toujours rêvé d’écrire un livre de recettes mais ne l’a pas fait, son plus grand regret, probablement.
Évidemment la réunion de famille vire aux règlements de comptes : échange de vérités bien senties et de secrets bien enfouis. Tout le monde en prend pour son grade et le lecteur est amplement étonné, bouleversé par ce qu’il apprend !
Mais il faut, surtout, souligner la qualité du dessin. Les visages sont incroyablement vivants, le trait incroyablement fluide et élégant. L’album est remarquable dans sa construction comme dans sa réalisation. Rien ne déçoit. Et quand on tourne la dernière page, la Sicile a définitivement le goût du basilic.
Didier QUELLA-GUYOT ; http://bdzoom.com/author/DidierQG/
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« Basilico » par Giulio Macaione
Éditions Ankama (14, 90 €) – EAN : 9791033511809












Excellent album, beaux dessins alléchants, merci pour votre article qui m’a permis de découvrir cette perle bédéesque!