Et si un hôtel pouvait exaucer tous vos souhaits ? C’est l’intrigant point de départ de la nouvelle bande dessinée de Gaëlle Geniller, publiée chez Delcourt : un roman graphique de fort belle facture, où le fantastique est au service de l’intime, et qui mêle, en quasiment 180 pages de BD, mystère, fantaisie et sensibilité. L’autrice de « Minuit passé » et du « Jardin, Paris » engage ses lecteurs à franchir le seuil d’un lieu où les apparences pourraient bien être trompeuses. Attendez-vous, alors, à vivre une expérience qui ne ressemble à aucune autre, tant l’abondance visuelle de ce « Bienvenue à l’hôtel inhabituel » va vous inviter à la flânerie, à vous attarder sur les planches et à revenir sur certains détails, en vous laisser guider par la simple curiosité…
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Le début : “7 et 8 février 2007. Je redeviens dessinateur de Charlie pour suivre le procès des caricatures de Mahomet. Je ne suis ni journaliste ni dessinateur de presse. Je voudrais prendre des notes d’auteur de bandes dessinées : rendre compte …
Le début : “7 et 8 février 2007. Je redeviens dessinateur de Charlie pour suivre le procès des caricatures de Mahomet. Je ne suis ni journaliste ni dessinateur de presse. Je voudrais prendre des notes d’auteur de bandes dessinées : rendre compte de l’intégralité des débats (…) Je suis fils d’avocat et ai eu la chance de fréquenter très tôt les prétoires. Je crois que c’est instructif, de raconter un procès du début à la fin.”
Joann Sfar
Notre avis : Le 22 février, Charlie Hebdo a gagné le procès qui lui était fait pour avoir publié les caricatures danoises (et d’autres) du prophète Mahomet. Aucune injure à caractère raciste, donc (c’est sous cet intitulé qu’avaient été déposées les plaintes), a ainsi estimé le tribunal. Il n’en subsiste pas moins un débat exemplaire sur la liberté d’expression retranscrit avec talent et vivacité par Joann Sfar, dont tous ceux qui trouvent qu’il dessine trop vite ou trop approximativement ne pourront que constater à quel point sa subtilité cérébrale s’accomplit parfaitement dans l’urgence. En prime, quelques réflexions personnelles et tendres sur l’enfance d’un auteur fils de magistrat et qui redécouvre, après 15 ans, les salles d’audience.
Laurent Turpin







