Sans emploi et souvent partisan du moindre effort, Léo vit depuis deux ans chez sa sœur, dans la Nièvre, en attendant de dénicher un boulot. En fait, ce garçon un peu à la dérive n’a qu’un seul rêve : trouver des trésors ! Le souci, c’est que, dans la vallée du Beuvron, ça ne coure pas vraiment les rues. En plus, il s’y prend comme un manche ! Alors, après avoir pratiqué, sans succès, la pêche à l’aimant, il passe à la vitesse supérieure en achetant un détecteur de métaux. Sa frangine, à bout de nerfs, lui donne trois mois pour trouver un travail, sinon elle le vire… Une fois de plus, Duhamel (1) excelle dans la description, sensible et drôle, de ces paumés et petites gens qu’il sait rendre si attachants…
Lire la suite...Ça gronde chez les Burgondes !
Que connait-on de ce côté-ci de la frontière française de la mythologie allemande ? Qu’évoque vraiment pour le lecteur lambda la saga de Nibelungen, cette épopée héroïque germanique du XIIIe siècle, essentiellement connue par l’adaptation musicale de Wagner ? Autant la mythologie scandinave a su produire nombre d’albums, autant la production BD est pauvre pour raconter ce pan de légendes outre-Rhin. C’est dire que l’album « Hild : les femmes des Nibelungen » est une belle occasion de revisiter le mythe !
La méconnaissance est telle (il n’en va évidemment pas de même en Belgique ou en Allemagne) qu’on a du mal à situer la Burgondie. Est-ce que cela existe ou existait ? Et comment ! La Burgondie comprenait notamment des régions de l’Est de la France au point, tout simplement, que la Bourgogne doit son nom aux Burgondes : peuple originaire de la Baltique qui investit la région vers le milieu du Ve siècle et que Clothilde, princesse burgonde, est devenue reine des Francs en épousant Clovis.
Dans l’album de Veerle Hildebrandt, on est au VIe siècle. La jeune princesse Kriemhild qui y nait est alors une gamine indépendante, libre, sur laquelle pèse pourtant un probable mariage forcé. Quand le frère de celle-ci monte sur le trône, il pense, lui, pouvoir épouser Brunehilde, reine d’Islande, certes brutale et « peu portée sur les hommes » ! Ces deux femmes font donc tout pour contrecarrer les destins imposés par les hommes…
L’autrice a choisi de tirer de cette saga les femmes qui sont traditionnellement dans en second plan : Kriemhild et Brunehilde. Si les grands thèmes de la légende sont conservés, les deux femmes burgondes sont réinventées, modernisées, pour en faire des forces agissantes et des héroïnes décidant de leur vie. Dès les premières pages, la petite Kriemhild, récalcitrante à l’autorité masculine, impose le rythme, le ton et entraine le lecteur inexorablement dans sa vie, une vie où il s’agit d’imposer ses choix, d’apprendre à manipuler – notamment les hommes – pour réussir (et devenir reine) !
Dessiné d’un trait efficace, et anguleux, le tout porté par une mise en couleurs très séduisante, le travail de Veerle Hildebrandt, jeune autrice belge qui signe aussi le scénario, est exemplaire. Non seulement, elle modernise la célèbre saga, mais en outre elle réussit un récit dynamique, plein de rebondissements et de personnages féminins haut en couleurs.
Didier QUELLA-GUYOT
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« Hild les femmes des Nibelungen » par Veerle Hildebrandt
Éditions Anspach (27,50 €) – EAN : 97822931105368
Parution 14 février 2025















