Dans un monde médiéval fantastique ravagé par la guerre, où le bien et le mal se confondent en absurdités sanglantes, Alastor de Sombregarde est un chevalier maudit, revenu d’entre les morts, grâce à l’intervention d’un maître-gobelin plutôt roublard du nom de Guulghar. Cette anthropomorphe créature, aussi cynique que philosophe, tient en sa main un bâton orné du crâne de son frère Huulghar, lequel continue, malgré tout, de parler et d’exercer la sorcellerie. L’improbable trio traverse champs de bataille et forêts damnées, afin de retrouver la dulcinée du seigneur désabusé… Aurélien Morinière illustre de façon magistrale cette grinçante épopée d’heroic fantasy —tendance Tim Burton —, dont son complice (Olivier Dobremel, alias Dobbs) nous livre de prometteuses prémices tragi-comiques…
Lire la suite...EMILE BRAVO RECOIT LE PRIX DES LIBRAIRES
Mercredi 2 juillet avait lieu la remise officielle du Prix des Libraires de Bande Dessinée 2008 dans les locaux de la Caisse Nationale des Caisses d’Epargne à l’auteur de « Spirou : Le journal d’un Ingénu ».
Laurent TURPIN
Décidément, pour fêter les 70 (septante) ans de Spirou, jeune groom espiègle et déluré, créé pour le périodique belge éponyme par Rob-Vel le 21 avril 1938, les éditions Dupuis ont fait très fort ! Outre d’importantes manifestations (comme les grandes expositions consacrées à l’hebdomadaire de Marcinelle sises au Centre Belge de la Bande Dessinée et à la Maison de la BD ou la gravure exceptionnelle d’une pièce de monnaie de collection) ainsi qu’une nouvelle formule du journal particulièrement réussie (le rédacteur en chef, Frédéric Niffle, ayant réussi à satisfaire modernes et nostalgiques, sans dénaturer l’esprit du magazine), elles publient une aventure originelle que nous n’hésitons pas à qualifier de chef-d’œuvre ! En s’appuyant sur la genèse du personnage principal afin d’expliquer les traumatismes qu’il a subis à l’approche de la Deuxième Guerre mondiale, Emile Bravo (le génial papa de la série « Jules ») s’approprie la jeune adolescence du petit employé du Moustic-hôtel de Bruxelles, tout en dynamitant les principes conservateurs (autant sur le plan sociologique, politique que moral) qui ont présidé à la marque de fabrication de la bande dessinée belge de l’époque. Tout y est dévoilé : son premier amour, la naissance de son amitié avec le journaliste Fantasio et de sa conscience politique, son rôle dans le déclenchement du conflit à venir et les dessous du pacte germano-soviétique, les penchants inavoués des réceptionnistes et des soubrettes d’origine juive… Bref, un scénario particulièrement inventif, déjanté et maîtrisé à la fois, qui nous aide à mieux comprendre l’évolution humaniste de ce gamin malin, le tout enluminé par un graphisme classique et des couleurs adéquates (dues à Delphine Chedru) s’adaptant parfaitement aux années 1930 : en trois mots, du grand art !
Gilles RATIER











