BD de la semaine

« Les Clients d’Avrenos » : encore une adaptation réussie d’un roman dur de Simenon !

Dans la belle collection Simenon et ses romans durs des éditions Dargaud cornaquée par John Simenon (le deuxième des quatre enfants du célèbre écrivain belge), José-Louis Bocquet et Jean-Luc Fromental (1), ce dernier adapte brillamment une fiction qui date de 1935 et qui nous plonge dans la Turquie de l’époque… Il en dégage une atmosphère languide et une sorte de torpeur mélancolique mises en exergue par les magnifiques traits fins et expressionnistes de la talentueuse Laureline Mattiussi (2), laquelle excelle dans les représentations des nuits stambouliotes chargées d’effluves et de musiques ou dans l’expressivité des protagonistes…

Lire la suite...

Remue-ménage à l’Élysée avec la « Première Dame » de Tronchet et Peyraud…

Depuis presque 20 ans, l’idée d’une comédie de mœurs romantique sur fond de satire politique où une Première Dame aurait la possibilité d’influencer les affaires publiques de notre pays trottait dans la tête de Didier Tonchet : prolifique créateur de BD humoristiques bien connu (ahhh, « Raymond Calbuth » !) et scénariste toujours inspiré, comme c’est le cas ici (1)… Il nous embarque avec délices dans la jouissive histoire d’une actrice engagée de seconde zone qui va gagner le cœur des Français et d’un président de la République dont la cote de popularité est en chute libre, à un an des élections : le tout mis énergiquement en images, tout au long de 270 pages, par le dessin virevoltant de Jean-Philippe Peyraud (2)

Lire la suite...

Dans « Islander », les Européens sont devenus des migrants en proie aux passeurs…

Après leur collaboration remarquée sur « Sangoma », le romancier Caryl Férey et le dessinateur Corentin Rouge retravaillent ensemble, pour notre plus grand plaisir ! Dans ce qui sera une trilogie de pas moins de 450 pages angoissantes (le tome 1 en contient déjà 150), la crise migratoire s’est amplifiée et touche désormais le continent européen victime de multiples catastrophes. D’innombrables réfugiés venus de tous pays — ayant sûrement fui les changements climatiques, les guerres ou les pandémies — s’amassent au port du Havre… Dans ce lieu de transit, ils espèrent accéder aux rares bateaux qui pourront les embarquer, via l’Écosse, en destination de l’hypothétique salut que représente l’Islande : unique contrée épargnée, mais pour combien de temps encore ?

Lire la suite...

Rodolphe et Griffo tentent de revendre la main du diable !

Joli coup pour le « jeune » éditeur belge Nicolas Anspach qui vient d’ajouter, à son catalogue, son trentième album produit : et ce dernier est signé de deux auteurs majeurs du 9e art, garants d’une bande dessinée traditionnelle de qualité, comme nous l’aimons sur BDzoom.com  ! « La Main du diable » est inspirée d’une ancienne légende allemande, reprise entre autres par le grand écrivain écossais Robert Louis Stevenson, lequel est l’un des protagonistes de ce brillant one-shot teinté d’ésotérisme où un homme, manifestement très fortuné, et admirateur de son œuvre, lui raconte comment il a vu tous ses vœux s’exaucer, après avoir acheté pour rien la main du diable. Seulement, voilà, avec Satan, rien n’est jamais gratuit !

Lire la suite...

Avec « L’Abîme de l’oubli », Paco Roca retrouve la mémoire du passé…

Comme la plupart des Espagnols de sa génération (et des suivantes), le dessinateur Paco Roca (1) a grandi dans l’amnésie du passé récent de son pays, notamment de la répression franquiste : un sujet que l’on n’abordait jamais à l’école et dont on ne parlait guère en société, alors qu’il suscite aujourd’hui des débats passionnés. C’est de cette ignorance qu’est né son intérêt sur cette période de l’après-guerre d’Espagne : ce qui a abouti à la réalisation de ce pavé aussi sensible que rigoureux sur des années d’épouvante. Avec le scénariste et journaliste Rodrigo Terrasa, il y évoque la quête, autant personnelle que collective, d’une femme qui veut retrouver la dépouille de son père ou encore l’histoire d’un fossoyeur qui, au péril de sa vie, a permis à bien des familles de garder espoir…

Lire la suite...

Avec Florence Cestac, vous saurez tout, tout, tout sur la vie de senior !

Depuis « Le Démon de midi », on a tous compris que Noémie, l’héroïne de Florence Cestac (1), n’est autre que le double de papier de son autrice. Or, toutes les deux amorcent, aujourd’hui, une période de l’existence que l’on associe souvent à une finitude un peu déprimante, même si, comme le disait Benoîte Groult, « La vieillesse est si longue qu’il ne faut pas commencer trop tôt. » Avec son incorrigible façon de voir la vie en rose, Noémie/Florence nous démontre, avec cet album irrésistible qu’est « Le Démon de mamie : ou la sénescence enchantée », que vieux peut rimer aussi avec joyeux, et que ce n’est pas forcément sinistre de prendre de l’âge…

Lire la suite...

« Les Amis de Spirou » : le deuxième opus d’une œuvre originale au goût nostalgique…

Né en 1938, l’hebdomadaire belge Spirou est interdit par la censure décrétée par les occupants allemands en septembre 1943. À sa disparition, 50 000 lecteurs adhérents des ADS — Les Amis de Spirou, dont le code d’honneur a été rédigé par le Fureteur — se trouvent doublement orphelins. Six d’entre eux habitant Charleroi, le fief des éditions Dupuis, entrent en résistance, inconscients des dangers que représente cet engagement. Un récit malin touchant et nostalgique,non dénué d’humour, avec Spirou — le journal — et sans Spirou — le héros.

Lire la suite...

Jack Gilet : le bourreau au cœur tendre de David Ratte…

Saviez-vous qu’en 1916, à Unicoi (comté de l’État du Tennessee, aux États-Unis), une éléphante prénommée Mary a été condamnée à mort et pendue à une grue pour avoir écrasé la tête du dresseur qui la battait ? Eh oui, en Amérique, à cette époque-là, on ne rigolait pas avec la loi, même en ce qui concernait les animaux à qui on accordait, suivant la croyance populaire, une conscience morale. La plupart d’entre eux devant alors être exécutés, il y aurait eu, d’après l’excellent narrateur et dessinateur David Ratte (1), des bourreaux assermentés qui devaient parcourir tout le pays pour appliquer la sentence suprême à ces bestioles assassines, à la suite de décisions issues des procédures fédérales. C’était d’ailleurs le métier du jeune Jack Gilet : un type un peu paumé qui aimait tellement les animaux qu’il ne voulait pas qu’on les abatte comme des bêtes…

Lire la suite...

« 1629 » : Jéronimus Cornélius, un psychopathe aux tréfonds de l’horreur…

Deux ans après la publication remarquée en 2022 du premier opus de « 1629 : l’effrayante histoire des naufragés du Jakarta » (1), voici la seconde partie : laquelle devrait combler ceux qui se sont passionnés pour ce formidable thriller maritime. Un huis clos éprouvant — inspiré aux auteurs par une histoire vraie déjà adaptée en BD par Jean-Denis Pendanx et Christophe Dabitch (2) — qui renoue avec les grandes séries d’aventures exotiques…

Lire la suite...

Place à l’aventure et aux enquêtes dignes des meilleures séries télé avec « Julia » !

Il semblerait que l’éditeur Altercomics, ait tenu ses promesses de faire un effort conséquent sur la traduction en langue française et l’orthographe des textes de certains fumetti du célèbre catalogue de Sergio Bonelli, qu’ils ont commencé à publier depuis le mois d’août (1) : preuve en est la parution des n° 2 disponibles depuis le 8 novembre… Nous en sommes vraiment heureux, notamment pour l’excellente série policière « Julia », scénarisée par Giancarlo Berardi et illustrée pour cet épisode par le virtuose Corrado Roi : voilà qui devrait ravir les amateurs de bandes dessinées populaires italiennes en noir et blanc !

Lire la suite...
Page 6 sur 218« 4 5 6 7 8 »