Pendant six mois, dans l’Europe en flammes du printemps 1916, une troupe de jeunes artistes va investir le Cabaret Voltaire : un lieu de culture appelé à devenir mythique, situé à Zurich, dans la rue où demeura Lénine. Poètes, théâtreux, musiciens, peintres ou plasticiens, ils s’en prennent tous aux codes du vieux monde, en présentant des spectacles iconoclastes prônant l’insoumission des esprits et la révolte des sens. Avec cette mise en images et cases — par moments éclatées — de la genèse du mouvement dada (précurseur du surréalisme), le scénariste José-Louis Bocquet et le dessinateur-fondateur du groupe rock-punk Starshooter qu’est Kent ont réalisé une bande dessinée historique marquante sur l’origine de rébellions artistiques contemporaines.
Lire la suite...Massimo Mattioli : de « Pinky » à « Squeak the Mouse »…
Le dessinateur italien Massimo Mattioli nous a quitté vendredi dernier à l’âge de 75 ans. Débarqué en France à la fin des années 60, il fait son entrée dans les pages de Pif Gadget alors au sommet de sa notoriété, puis dans l’Echo des savanes qui lui aussi vit ses plus belles années. Star en Italie, il est resté un auteur trop discret en France.
Né à Rome le 25 septembre 1943, Massimo Mattioli est décédé le 23 août dans sa ville natale.
Il publie ses premiers dessins au milieu des années 60 dans l’hebdomadaire pour la jeunesse Il Vittorioso, mais c’est dans les pages de son concurrent catholique Il Giornalino qu’il crée en 1973 le personnage qui allait accompagner toute sa carrière, Pinky le lapin rose. Entre temps, après une courte escale en 1968 à Londres où il travaille pour Myfair, il passe par la France, collabore à Plexus, puis dessine « M Le magicien » dans Pif Gadget qui accueil aussi « Pinky ». Curieusement les facéties du magicien loufoque marquent ses premiers pas vers une oeuvre plus adulte. Il participe au mouvement des revues expérimentales de la bande dessinée alternative italiennes conduit par Tamburini, Liberatore et Pazienza avec les revues Frigidaire, Il Male et Cannibale. Il y crée dans un style cartoondes histoires adultes dont « Squeak the Mouse », « Superwest » et « Joe Galaxy » publiées plus tard en France dans l’Écho des savanes. Lorsque le mouvement « punk » prend fin il poursuit ses travaux pour adultes dans Comic Art .

Si cette production est plus médiatisée en France que « Pinky » c’est ce personnage qui l’a imposé auprès d’un large lectorat en Italie. Plus de 1200 histoires, totalisant plus de 4000 planches des aventures du lapin journaliste photographe de La Notizia entouré par sa fiancée Petulia, son rédacteur en chef le corbeau Joe Cornacchia et Giorgione l’ours son éternel rival ont été réalisées en quelques 40 années de publication régulière.
En France, il n’est pas facile de placer des ouvrages de Mattioli dans sa bédéthèque les traductions étant rares. Si Albin Michel a publié deux albums de « Squeak the mouse » et un autre « Joe Galaxy » c’est l’Association qui en propose les meilleures traductions : « Awop Bop » en 1999, une superbe intégrale de « M. Le magicien » en 2003 et « BD Stories » en 2008. Il avait obtenu le Prix Phénix en 1971, le Yellow Kid en 1975 et deux fois les prix Micheluzzi en 2010 et 2012.
Grand admirateur de l’américain George Herriman (« Krazy Kat ») Massimo Mattioli avait réussi à trouver son propre style dépouillé et vivant aussi bien plébiscité par les enfants que par les adultes.
Henri FILIPPINI












Quels bons souvenirs, j’adorais ce Pinky que je lisais dans Pif Gadget. Paix à l’âme de ce talentueux dessinateur.