Manu Larcenet nous livre peut-être ici son album le plus personnel, après « Le Combat ordinaire » et « Blast » ! Il nous parle de la mort et de la vieillesse, cherchant à regarder en face ce qui nous échappe : la maladie, la solitude, l’angoisse, les liens que l’on a brisés, le temps qui passe, l’inadaptation à la société… Plus radicalement encore, en se dessinant au bord du vide et en retirant presque tout ce qui pourrait faire écran entre son personnage et le lecteur, il laisse planer cette question qui revient lorsque tout le reste s’effondre : à quoi bon ? « L’Insensé » est un album poétique que certains jugeront parfois inconfortable, mais qui est d’une puissance rare : une œuvre qui refuse les facilités de l’émotion, pour mieux atteindre quelque chose de beaucoup plus profond…
Lire la suite...Mon Lapin quotidien se paie (encore) une nouvelle formule !
Imaginez un journal dont chaque livraison change de formule, un journal au format géant 41 x 58 cm, un journal qui propose quatre pages de plus sans changer de prix. Ce journal, il existe : c’est Mon Lapin quotidien, dont le 3ème numéro vient de paraître !
Boudant la bande dessinée classique, tournant le dos à la BD reportage et au roman graphique, Mon Lapin quotidien est un grand espace de liberté de création offert à une impressionnante équipe d’auteurs, où se côtoient fondateurs de l’Association, pionniers de la nouvelle BD et nouveaux venus prometteurs.
Sous une étonnante couverture de Killoffer (rédacteur en chef du trimestriel avec Jean-Yves Duhoo), près d’une centaine de signatures (dessinateurs et auteurs de textes) démolissent avec jubilation les règles du genre.
Citons « Les Douze heures noires » par David B. (en double page centrale), « Les 90 minerves » de Joëlle Jolivet, « Les Beatles au sommet » de Vincent Vanoli, « Le Grand Je » de Rachel Deville, « HP » de Lisa Mandel, les strips de Lewis Trondheim, Morvandiau et Stanislas, « L’Histoire secrète de la musique moderne » de Charles Berberian, « L’Atelier » de François Olisleager, ainsi que des récits d’Edmond Baudoin, Rocco, François Ayroles, Andreas Kündig, Muzo, Ruppert et Mulot, Jossot, Stéphane Rosse, Thomas Ott, Étienne Lécroart, José Parrondo… sans oublier un rédactionnel riche au ton original et décapant.
Sans renier les idées des pères fondateurs, Mon Lapin quotidien expérimente, numéro après numéro, ce que pourrait être le magazine de bandes dessinées de demain. Les lecteurs semblent avoir adhéré et compris le projet, puisque le succès des premiers numéros permet au journal, dès sa troisième parution, de leur offrir quatre pages supplémentaires sans modifier le prix de vente.
Un prix déjà plus que compétitif (16 pages noir et blanc de format géant pour 4,50 €) qui devrait convaincre les curieux de tenter l’expérience de ce voyage sur des chemins encore vierges.
Moi-même, adepte d’une bande dessinée résolument classique, avoue trouver beaucoup de plaisir à les parcourir, même si, de temps à autre, le voyage est un peu rude.
On peut se procurer cette revue pas comme les autres en librairies ou par correspondance : L’Association, 104, rue Ordener, 75018 Paris (lhydre@lassociation.fr).
Henri FILIPPINI











