En 1998, débute la série de planches-gags « Les Gendarmes » dont le succès public jamais démenti a donné l’impulsion aux éditions Bamboo naissantes. Depuis, plus de trois millions d’albums des 18 titres de la série ont été vendus. L’adaptation pour le cinéma était envisagée depuis quelque temps sous le contrôle d’Olivier Sulpice, le créateur de la série, mais aussi de la maison d’édition et maintenant de la structure Bamboo Films, productrice du film. Avant de vous faire une idée sur le long métrage qui sort sur grand écran le 5 août, « Les Gendarmes : l’album du film » vous permet de pénétrer dans les coulisses du tournage.
Lire la suite...Sous les couvertures de nouvelles parutions BD du début de l’automne…
Avant de profiter d’une pause estivale, respectons la tradition de cette rubrique en jetant un œil (curieux) sur la rentrée éditoriale, avec une nouvelle sélection des plus beaux visuels de couvertures. Un choix réalisé parmi les bandes dessinées franco-belges annoncées entre la fin août et octobre prochain : tel un avant-goût thématique et visuel des pépites à venir… Bonnes découvertes à toutes et tous, en vous souhaitant d’ores et déjà de très bonnes vacances d’été !
Toujours présenté chronologiquement (par dates de parutions), cet avant-goût très subjectif essaie de privilégier les nouvelles séries ou les one-shots : une règle d’or… qui n’empêche pas quelques rares exceptions !
Débutons notre sélection chez Dargaud avec « La Femme au portrait » (28 août) : un one-shot de 96 pages signé par Nicolas Tellop (rédacteur en chef adjoint des Cahiers de la BD et de La Septième Obsession) et Antonio Lapone (« Gentlemind », sur scénario de Juan Diaz Canalès et Teresa Valero). À Hollywood, à la fin des années 1940, un meurtre est commis sur un plateau. Miss X, enquêtrice perspicace et caustique, va remonter la trace d’un assassin féru de peinture et de 7e art. Au menu de ce thriller truffé de fausses pistes, une ligne claire en forme d’hommage à l’âge d’or du cinéma américain. Cerise sur le gâteau, vous pourrez réserver l’édition noir et blanc de cet album, présentée sous une couverture alternative et accompagnée d’un cahier graphique (104 pages).
Connaissiez-vous la série « Professeur Bell », créée en 1999 par Joann Sfar et la coloriste Brigitte Findakly pour les éditions Delcourt ? Inspirée par l’authentique docteur Joseph Bell, source d’inspiration notable pour le Sherlock Holmes d’Arthur Conan Doyle, cette série fantastique, riche de cinq albums, va renaître de ses cendres le 5 septembre avec un sixième titre intitulé « Les Enfants perdus ». Quelque 20 ans après l’opus précédent, Bell est donc de retour, toujours imaginé par Joann Sfar, mais mis en images par Étienne Le Roux et Jérôme Brizard. Dans une ambiance victorienne, Bell soigne monstres et fantômes, enquête sur les phénomènes surnaturels et poursuit les criminels. Cette fois-ci, c’est une mystérieuse affaire d’enlèvements à Londres qui va aiguiser sa curiosité, alors qu’un sortilège vient de lui conférer… l’apparence d’un enfant.
Le 10 septembre paraîtra chez Delcourt un bel exercice de style oubapien avec « Donjon Monsters T19 : La Dernière Heure », présenté sous un très poétique visuel de couverture (voir image de présentation). Pour enrichir leur univers heroic fantasy aussi parodique que tentaculaire (67 albums de « Donjon » et séries parallèles ont été publiés entre 1998 et 2026), Joann Sfar et Lewis Trondheim ont fait appel au talent d’Emmanuel Lemaire (« La France vue par Madame Hibou » en 2022) afin de parfaire un redoutable défi : réaliser un album… sans personnage et tout en alexandrins, mais néanmoins riche en révélations sur l’incroyable histoire du Donjon. Il faut dire que, sous son emblématique chapeau noir, Hyacinthe de Cavallère, le gardien des lieux, a connu une existence jalonnée d’aventures, d’épreuves et de terribles coups du sort. À quelques jours du trépas, du bout d’une plume tremblante, il retrace ses mémoires tout en apportant un éclairage sur quelques faits essentiels de son histoire familiale…
Chez Rue de Sèvres, l’une des parutions les plus notables sera sans doute le nouvel album de Pascal Rabaté, « L’Enfance des ruines » : un titre proposé le 23 septembre en deux éditions différentes et bénéficiant de visuels (très dansants) de couvertures alternatifs. Riche de 176 pages (192 pages pour la version en noir et blanc), ce one-shot s’intéresse au Berlin des années 1930. Travaillant dans une agence publicitaire, Folker Kuntz est amoureux d’une danseuse de cabaret. En compagnie de la sœur de cette dernière et de son amant noir américain, ainsi que d’un jeune homme dont Kuntz a sauvé la vie, la vie s’écoule entre discussions de cabarets, soirées privées du NSDAP (parti nazi) et moments hors du temps. Alors que la bête immonde approche, ils dansent…
Chez Glénat, c’est également le 23 septembre que devrait paraître « La Voie des dieux », un album de Mlle Caroline (« Chère maman », « La Différence invisible ») et Julie Dachez. Dans ce titre intimiste abordant les thématiques de la dépression, de la spiritualité et de la quête de soi, Julie tente de soigner son mal-être entre thérapies et médicaments, mais sans grand résultat. Un soir, elle tombe sur une émission vantant les effets bénéfiques de la psilocybine, le principe actif des champignons hallucinogènes, sur la dépression sévère… Avec beaucoup d’autodérision, la scénariste Julie Dachez raconte en 192 pages son saut dans l’inconnu et le chemin, parfois chaotique, d’un processus de guérison.
« Le Vieux qui lisait des romans d’amour » (1992), traduit en 35 langues et adapté au cinéma en 2001, demeure assurément le plus connu des romans de l’écrivain chilien Luis Sepúlveda (1949–2020). Voici enfin cette fable écologique et humaniste adaptée en bande dessinée par Cever pour les éditions Caurette, dans un ouvrage de 112 pages à paraître le 23 septembre. L’occasion de redécouvrir le village reculé d’El Idilio, aux confins de l’Amazonie équatorienne, où la mort violente d’un homme blanc ravive les tensions entre colons et Indiens Shuars, injustement accusés du meurtre. Seul Seul Antonio José Bolívar, un vieil homme taciturne qui connaît la forêt mieux que personne, pressent une autre vérité. Déroulant le fil de ses souvenirs, il se remémore son arrivée sur cette terre hostile et l’amour perdu de son épouse. Tour à tour accueilli, puis rejeté par les Shuars, il a trouvé refuge dans la lecture de romans d’amour, fragiles remparts contre la solitude et la folie…
Le 24 septembre sera l’heure chez Soleil de se confronter avec « Le Duel ». Une adaptation par Jean-Pierre Pécau et Antonio Marinetti de la nouvelle éponyme de Joseph Conrad, qui raconte comment, à partir de 1800 à Strasbourg, deux lieutenants de l’armée napoléonienne s’opposèrent au cours d’une longue série de duels (voir, sur le même sujet, notre chronique de « Duel », réalisé par Renaud Farace en 2017).
Le 30 septembre, les éditions Morgen dévoileront « L’Éther T1 : Au dernier jour de l’enfance », un album de Papayou qui se distingue d’office par sa couverture aux multiples références visuelles (animation, jeu vidéo, heroic fantasy et science-fiction). Les lecteurs pourront découvrit un village, Breven, menacé par une bête sauvage. Alors que des volontaires partent en chasse pour protéger les habitants, Grulter, Ulla et Agell, trois orphelins, les suivent discrètement dans la nuit. Sans prendre conscience du danger mortel qui les guette.
Après les très remarqués « Le Jardin, Paris » et « Minuit passé », une nouvelle pépite de 208 pages, réalisée par Gaëlle Geniller, sera publiée le 15 octobre par Delcourt (au sein de la collection Mirages sous un titre volontairement intrigant : « Bienvenue à l’hôtel inhabituel ». Un établissement qui semble en effet bien porter son nom, car tout peut vous y être offert : richesse, succès, beauté ou biens matériels les plus divers. Mais attention à ce que cela pourrait cependant vous en « coûter » : André, qui s’est retrouvé dans l’hôtel lors d’un déplacement professionnel et vient de commander un simple café, va-t-il l’apprendre… à ses dépens ?
Le 15 octobre, apprêtez-vous à basculer dans le récit horrifique chez Delcourt avec les 144 pages de « Là où murmurent les ronces », concoctées par Julian Estrada Brier. Ou comment, dans l’Amérique du XIXe siècle, une famille d’immigrants part à la recherche d’une forêt dont on dit qu’elle renferme des branches drapées de trésors. Après un voyage ardu à travers des plaines désolées, ils découvrent que les bois étranges dans lesquels ils sont parvenus cachent quelque chose de bien plus sinistre…
En attendant que vous puissiez découvrir plus avant ces différents titres, nous vous souhaitons à nouveau de très bonnes vacances, agrémentées si possible de merveilleuses lectures ! À très bientôt (le mardi 18 août 2026), pour de nouveaux dossiers au sein de la rubrique « L’Art de… ».
Philippe TOMBLAINE
« La Femme au portrait » par Antonio Lapone et Nicolas Tellop
Éditions Dargaud (21,50, €) — EAN : 9782205212303
Parution 28 août 2026
« La Femme au portrait » (édition noir et blanc) par Antonio Lapone et Nicolas Tellop
Éditions Dargaud (25,95 €) — EAN : 9782205216974
Parution 28 août 2026
« Professeur Bell T6 : Les Enfants perdus » par Étienne Le Roux, Jérome Brizard et Joann Sfar
Éditions Delcourt (15,50 €) — EAN : 9782413041658
Parution 3 septembre 2026
« Donjon Monsters T19 : La Dernière Heure » par Emmanuel Lemaire, Joann Sfar et Lewis Trondheim
Éditions Delcourt (11,95 €) — EAN : 9782413095019
Parution 10 septembre 2026
« L’Enfance des ruines » par Pascal Rabaté
Éditions Rue de Sèvres (27 €) — EAN : 9782810206056
Parution 23 septembre 2026
« L’Enfance des ruines » (édition noir et blanc) par Pascal Rabaté
Éditions Rue de Sèvres (30 €) — EAN : 9782810212668
Parution 23 septembre 2026
« La Voie des dieux » par Mlle Caroline et Julie Dachez
Éditions Glénat (24 €) — EAN : 9782331092565
Parution 23 septembre 2026
« Le Vieux qui lisait des romans d’amour » par Cever, d’après Luis Sepúlveda
Éditions Caurette (18,95 €) — EAN : 9782382890769
Parution 23 septembre 2026
« Le Duel » par Antonio Marinetti et Jean-Pierre Pécau, d’après Joseph Conrad
Éditions Soleil (16,50 €) — EAN : 9782302108745
Parution 24 septembre 2026
« L’Éther T1 : Au dernier jour de l’enfance » par Papayou
Éditions Morgen (19,90 €) — EAN : 9782387250636
Parution 30 septembre 2026
« Là où murmurent les ronces » par Julian Estrada Brier
Éditions Delcourt (29,90 €) — EAN : 9782413088790
Parution 15 octobre 2026
« Bienvenue à l’hôtel inhabituel » par Gaëlle Geniller
Éditions Delcourt (24,50 €) — EAN : 9782413090502
Parution 15 octobre 2026






















































