Avec son troisième scénario des aventures d’Alix, Roger Seiter propose une histoire atypique que Jacques Martin, malgré son tempérament impétueux, n’aurait probablement pas osé écrire. Si le cadre antique est celui qu’apprécient depuis toujours les lecteurs des aventures du jeune protégé de César, le fond du récit — sans en avoir l’air — se veut diablement politique. Un album riche en rebondissements qui conforte les directives de Jacques Martin : voir son héros lui survivre sans en modifier les règles.
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Tous en selle pour « Montefiore » !
En Italie, Sienne est célèbre pour son « Palio » : cette course de chevaux au cœur de la ville. Les frères Andrea et Angelo Montefiore (10 et 14 ans) sont évidemment des spectateurs assidus de cette attraction, d’autant plus que leur oncle Guido y participe…
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« Lenny » par Relom : bienvenue chez les frappadingues !
Lenny est un garçon de dix ans tout à fait normal… Il va très bien, mais ce n’est pourtant pas ce que pensent sa mère et son père, lesquels sont presque aussi déjantés que leur autre progéniture qui, elle, nécessite toute leur attention : l’hyperactive et franchement violente Zaza ! Comme les résultats scolaires de Lenny sont en chute libre, notamment à cause de ce que lui fait subir le petit monstre qu’est sa sœur, ses parents insistent pour l’emmener voir une psy. Heureusement, l’analyste découvre rapidement que le « patient » n’est peut-être pas celui qu’on croit… Le premier tome — aussi déjanté qu’attachant — de cette nouvelle série trash de Relom, racontant de façon hilarante et décalée les chroniques d’une famille dysfonctionnelle, est une formidable machine à gags !
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« L’Enfance des ruines » : l’insouciance avant que le monde s’écroule !
Dans son nouveau roman graphique, Pascal Rabaté nous transporte dans le Berlin de 1931, à quelques années du désastre, mettant en scène des artistes, des danseuses, des histoires d’amour, des soirées alcoolisées, des copains qui profitent de la vie… Bref : la grande fête. Hélas, cela ne va pas durer : nous, lecteurs, nous savons comment cela va se terminer… En narrateur accompli — tant en bandes dessinées qu’au cinéma —, l’adaptateur d’« Ibicus » et auteur des « Petits Ruisseaux » ou de « La Déconfiture » (1) va justement jouer avec cette longueur d’avance, tout en utilisant un graphisme coloré où il change légèrement son trait habituel, pour installer un malaise qui ne cesse de monter à la lecture de cette « Enfance des ruines » qui n’a pas fini de vous hanter…
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Des chaussettes qui puent, un peu de harcèlement et beaucoup de magie : la recette d’une bonne bande dessinée jeunesse d’aventure réussie avec « Dragomol »…
Il faut prendre les jeunes lecteurs au sérieux et leur offrir plus que ce qu’ils attendent d’une bande dessinée calibrée pour leur tranche d’âge. Ainsi, Simon Liberman, le créateur de l’ambitieuse maison d’édition 2024, rebaptisée depuis deux ans 4048, a écrit et dessiné une belle et dense épopée fantastique jeunesse avec « Dragomol », tout en traitant joyeusement, sans lourdeur, des thématiques profondes : de la lutte des classes contemporaines à l’affirmation nécessaire de sa propre identité dès l’enfance. Une bande dessinée à découvrir.
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« Histoire de la BD en bande dessinée » : des images pour raconter le 9e art…
Plus ou moins réussis, les ouvrages consacrés à l’histoire de la bande dessinée ne manquent pas. Ce pavé de 272 pages ambitionne d’évoquer en bande dessinée le long chemin parcouru par ceux qui l’ont faite : des origines attribuées à Rodolphe Töpffer à nos jours. Projet ambitieux, forcément partisan, qui — à sa lecture — fera grincer quelques dents. Un long voyage, tour à tour instructif, émouvant, riche en anecdotes…
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Étonnant Panthéon dans Paris 1900 !
Paris 1900, en effet, mais Paris steampunk ! Ce qui change tout, autorise presque tout, et promet un beau spectacle, tant les personnages et décors signés Mika Souillard sont incroyablement fouillés, foisonnants et fascinants…
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« Nestor Burma dans l’île » : une adaptation fidèle, mais suffisamment personnelle pour donner un nouveau souffle à la série !
Cette récente bande dessinée — reprenant une enquête du Nestor Burma de Léo Malet — est non seulement réussie, elle sort vraiment de l’ordinaire ! Déjà, il s’agit du dernier roman original avec le célèbre détective de choc (le titre suivant le mettant en scène n’étant que la réécriture d’un texte du romancier, déjà paru en 1948) et du premier entièrement réalisé par François Ravard (après qu’il ait dessiné, également d’après l’univers graphique de Jacques Tardi, « Les Rats de Montsouris », dont Emmanuel Moynot avait assuré l’appropriation scénaristique), mais c’est aussi l’une des rares fois où Burma quitte la capitale (1) : d’ailleurs, lors de sa parution en 1970, aux éditions Fleuve noir, le récit ne faisait pas partie du cycle « Les Nouveaux Mystères de Paris ».
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Le mouvement artistique « UNderGround » japonais vu par Suehiro Maruo…
Né en 1956, Suehiro Maruo ne pouvait pas encore être un adolescent engagé dans les années 1960. Pourtant, quand on lit « UNderGround » (avec cette graphie propre à la contre-culture alternative japonaise), on pourrait considérer ce manga comme une autobiographie. Il n’en est rien : c’est une allégorie de l’époque, un à travers ce mouvement artistique que la jeunesse s’est rapidement approprié pour son côté subversif et dérangeant, à l’image de l’œuvre de Maruo qui n’hésite pas à bousculer les conventions visuelles.
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« Ce qui se cache derrière les étoiles » : un récit initiatique poétique et sensible, profond et tendre…
Les bonnes bande dessinées pour la jeunesse disposent d’un double niveau de lecture qui les rendent agréables et parfois intrigantes pour un lectorat plus âgé. C’est le cas de « Ce qui se cache derrière les étoiles », dont on avale les 120 pages d’une traite pour suivre les aventures de la jeune Camille dans une aventure écolo-spatiale intelligente au graphisme coloré moderne et dynamique. Une bande dessinée jeunesse d’auteur à découvrir…
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« L’Odyssée tragique du MC Ruby » : plus qu’un fait divers dramatique, un crime raciste !
Ils étaient neuf ! Un seul a survécu au voyage qui devait les conduire jusqu’à cette Europe dont l’opulence hantait leur misérable quotidien. Les reportages réalisés en 1993 par Philippe Broussard pour le quotidien Le Monde servent de trame à cet album àclasser entre BD documentaire et bande dessinée classique. Les dessins souvent rapidement réalisés pour ce genre d’ouvrages cèdent ici la place à un trait classique, soigné, porté par un scénario qui flirte avec le polar. Hélas, l’aventure tragique vécue par Kingsley et ses compagnons de misère n’est pas une fiction !
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