Actualités

« L’Insensé » Larcenet se débarrasse du superflu, mais garde le dessin comme dernier lien…

Manu Larcenet nous livre peut-être ici son album le plus personnel, après « Le Combat ordinaire » et « Blast » ! Il nous parle de la mort et de la vieillesse, cherchant à regarder en face ce qui nous échappe : la maladie, la solitude, l’angoisse, les liens que l’on a brisés, le temps qui passe, l’inadaptation à la société… Plus radicalement encore, en se dessinant au bord du vide et en retirant presque tout ce qui pourrait faire écran entre son personnage et le lecteur, il laisse planer cette question qui revient lorsque tout le reste s’effondre : à quoi bon ? « L’Insensé » est un album poétique que certains jugeront parfois inconfortable, mais qui est d’une puissance rare : une œuvre qui refuse les facilités de l’émotion, pour mieux atteindre quelque chose de beaucoup plus profond…

Lire la suite...

« Lussye » : une belle relecture au féminin de l’« Odyssée », à la fois amusée et respectueuse…

Depuis l’Antiquité, la mythologie est une source inépuisable de fictions en tout genres. Il y bien sûr les péplums du type « L’Odyssée » – remis au goût du jour avec le dernier film de Christopher Nolan -, mais aussi des récits d’aventures décalés qui mêlent à des péripéties nombreuses, des références humoristiques et pourquoi pas un regard contemporain sur des thématiques sérieuses. Un pari ambitieux et parfaitement tenu par Nicolas Ryser et Nicolas Pothier avec « Lussye ».

Lire la suite...

« Le Roman de Jésus » : une évocation de la vie du Nazaréen par Jean-Charles Kraehn dans un imposant ouvrage passionnant et documenté !

La vie de Jésus a inspiré les auteurs et les éditeurs d’histoires en images, puis de bandes dessinées depuis les origines du média. Surtout réservés à la presse et à l’édition catholique, ces récits proposaient aux jeunes lecteurs une image lisse de la vie terrestre de Jésus, propre à ne pas heurter les arcanes de l’Église chrétienne. Loin de ces contraintes d’un autre temps — que l’on peut comprendre —, Jean-Charles Kraehn présente un pavé de 360 pages somptueuses qui devrait réjouir les croyants, mais aussi de simples amateurs de bandes dessinées réalistes et classiques. Une réussite !

Lire la suite...

Tous en selle pour « Montefiore » !

En Italie, Sienne est célèbre pour son « Palio » : cette course de chevaux au cœur de la ville. Les frères Andrea et Angelo Montefiore (10 et 14 ans) sont évidemment des spectateurs assidus de cette attraction, d’autant plus que leur oncle Guido y participe…

Lire la suite...

« Lenny » par Relom : bienvenue chez les frappadingues !

Lenny est un garçon de dix ans tout à fait normal… Il va très bien, mais ce n’est pourtant pas ce que pensent sa mère et son père, lesquels sont presque aussi déjantés que leur autre progéniture qui, elle, nécessite toute leur attention : l’hyperactive et franchement violente Zaza ! Comme les résultats scolaires de Lenny sont en chute libre, notamment à cause de ce que lui fait subir le petit monstre qu’est sa sœur, ses parents insistent pour l’emmener voir une psy. Heureusement, l’analyste découvre rapidement que le « patient » n’est peut-être pas celui qu’on croit… Le premier tome — aussi déjanté qu’attachant — de cette nouvelle série trash de Relom, racontant de façon hilarante et décalée les chroniques d’une famille dysfonctionnelle, est une formidable machine à gags !

Lire la suite...

« L’Enfance des ruines » : l’insouciance avant que le monde s’écroule !

Dans son nouveau roman graphique, Pascal Rabaté nous transporte dans le Berlin de 1931, à quelques années du désastre, mettant en scène des artistes, des danseuses, des histoires d’amour, des soirées alcoolisées, des copains qui profitent de la vie… Bref : la grande fête. Hélas, cela ne va pas durer : nous, lecteurs, nous savons comment cela va se terminer… En narrateur accompli — tant en bandes dessinées qu’au cinéma —, l’adaptateur d’« Ibicus » et auteur des « Petits Ruisseaux » ou de « La Déconfiture » (1) va justement jouer avec cette longueur d’avance, tout en utilisant un graphisme coloré où il change légèrement son trait habituel, pour installer un malaise qui ne cesse de monter à la lecture de cette « Enfance des ruines » qui n’a pas fini de vous hanter…

Lire la suite...

Des chaussettes qui puent, un peu de harcèlement et beaucoup de magie : la recette d’une bonne bande dessinée jeunesse d’aventure réussie avec « Dragomol »…

Il faut prendre les jeunes lecteurs au sérieux et leur offrir plus que ce qu’ils attendent d’une bande dessinée calibrée pour leur tranche d’âge. Ainsi, Simon Liberman, le créateur de l’ambitieuse maison d’édition 2024, rebaptisée depuis deux ans 4048, a écrit et dessiné une belle et dense épopée fantastique jeunesse avec « Dragomol », tout en traitant joyeusement, sans lourdeur, des thématiques profondes : de la lutte des classes contemporaines à l’affirmation nécessaire de sa propre identité dès l’enfance. Une bande dessinée à découvrir.

Lire la suite...

« Histoire de la BD en bande dessinée » : des images pour raconter le 9e art…

Plus ou moins réussis, les ouvrages consacrés à l’histoire de la bande dessinée ne manquent pas. Ce pavé de 272 pages ambitionne d’évoquer en bande dessinée le long chemin parcouru par ceux qui l’ont faite : des origines attribuées à Rodolphe Töpffer à nos jours. Projet ambitieux, forcément partisan, qui — à sa lecture — fera grincer quelques dents. Un long voyage, tour à tour instructif, émouvant, riche en anecdotes…

Lire la suite...

Étonnant Panthéon dans Paris 1900 !

Paris 1900, en effet, mais Paris steampunk ! Ce qui change tout, autorise presque tout, et promet un beau spectacle, tant les personnages et décors signés Mika Souillard sont incroyablement fouillés, foisonnants et fascinants…

Lire la suite...

« Nestor Burma dans l’île » : une adaptation fidèle, mais suffisamment personnelle pour donner un nouveau souffle à la série !

Cette récente bande dessinée — reprenant une enquête du Nestor Burma de Léo Malet — est non seulement réussie, elle sort vraiment de l’ordinaire ! Déjà, il s’agit du dernier roman original avec le célèbre détective de choc (le titre suivant le mettant en scène n’étant que la réécriture d’un texte du romancier, déjà paru en 1948) et du premier entièrement réalisé par François Ravard (après qu’il ait dessiné, également d’après l’univers graphique de Jacques Tardi, « Les Rats de Montsouris », dont Emmanuel Moynot avait assuré l’appropriation scénaristique), mais c’est aussi l’une des rares fois où Burma quitte la capitale (1) : d’ailleurs, lors de sa parution en 1970, aux éditions Fleuve noir, le récit ne faisait pas partie du cycle « Les Nouveaux Mystères de Paris ».

Lire la suite...
Page 1 sur 5461 2 3 »